Jour 811

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Ma tunique de la marque Made in Italy, faite d’un mélange de lin 75% et de coton 25%.

En vérifiant qu’elle avait bien ses clefs dans son sac à main blanc –qui est le sac à main de l’été–, ainsi que sa carte de guichet, ainsi que son carnet de caisse, ainsi que de l’argent comptant, sans oublier sa petite bouteille d’eau, tantine a mis la main, nous étions assises dans ma voiture en route vers Rawdon, sur un savon fabriqué de manière artisanale.
– Tiens, j’ai un savon dans mon sac, a dit tantine sans plus de surprise.
– Un beau savon au lait de chèvre !, me suis-je extasiée, comme si je n’en avais jamais vu de ma vie.
– Tu as l’air d’aimer les savons, a répondu tantine, alors je te le donne.
– Tu sais bien, tantinette, que je m’extasie à propos de tout et de rien. Garde le savon, je suis certaine que tu vas l’aimer, en plus il sent super bon.
Le savon est à côté de moi en ce moment, à la vue sur mon bureau, car tantine n’était pas intéressée plus que ça à le garder. Le voyant, elle s’est rappelé l’avoir acheté au circuit Pédestr’Art de Ste-Béatrix où elle s’est rendue en compagnie de sa nièce, pas moi une autre, le week-end dernier.
Le savon à l’huile d’argan et au lait de chèvre est à côté de moi, pendant que ma tunique féminine portée hier se trouve derrière, pendue sur un cintre à ma bibliothèque pour les besoins de ma photo. On comprend que l’avoir portée sans pantalons courts en-dessous j’aurais été, effectivement, pas mal écourtichée.
Le circuit Pédestr’Art m’amène, sur le thème de l’artisanat, à la potière du village de St-Jean-de-Matha, où je suis allée acheter une théière est quatre tasses, mais des tasses sans anse qui s’apparentent davantage à des gobelets.
– Tu en as pour combien de temps ?, m’a demandé mon mari alors que je reculais la voiture dans la cour en essayant de ne pas accrocher une de ses nombreuses remorques.
– Oh ! Dix minutes à peine, j’achète la théière et je reviens, ai-je répondu.
Or, j’y suis restée une heure et dix minutes. Les temps changent, je l’ai écrit récemment, alors que je déplorais n’avoir pas conversé avec mon nouveau dentiste de St-Félix comme je le faisais avec l’ancien de Montréal. Les temps changent et le plaisir que j’avais à converser avec mon dentiste ancien a cédé la place au plaisir de converser avec une femme de mon âge, artiste professionnelle pendant que je n’ai d’artiste que le tempérament, mais quand même cela nous fait un point en commun, habitant mon village, partageant sa vie avec un artiste aussi, musicien.
Une phrase a retenu mon attention au cours de notre conversation. Même pas une phrase. Un mot.
– Je n’aurais pas été capable de l’aimer, m’a-t-elle dit à propos de son compagnon.
Elle n’a pas dit Je n’aurais pas été capable de vivre avec lui.
– Me voilà en présence d’une femme de cœur, me suis-je dit.
D’ailleurs, en plus de ma théière et des gobelets, je lui ai acheté une pièce en forme de cœur.

 

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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Une réponse à Jour 811

  1. Moi dit :

    Belle robe. Elle doit être encore plus belle sur toi.

    J’aime

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