Jour 816

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Merci à la technicienne de m’avoir fait connaître l’existence de ce livre.

Je suis tellement bien suivie par ma nouvelle cardiologue que dès hier jeudi à la première heure –c’est le cas de le dire car je suis arrivée avant l’ouverture de la clinique–, je devais me présenter à l’hôpital pour une échocardiographie. J’ai été la patiente d’une technicienne ayant toutes les qualités –beauté naturelle, discrétion, compétence– dont j’ai découvert, parce que le livre était bien placé à côté de son clavier d’ordinateur, qu’elle était en train de lire Lettres à Anne, un livre brique épaisse qui regroupe les 1 218 lettres que François Mitterrand a écrites à Anne Pingeot.
Advenant que les lettres soient courtes, me suis-je demandé en me rhabillant, est-ce que je ne me lasserai pas de les lire une à la suite de l’autre, en ce sens que je vais goûter un fragment pour le quitter aussitôt, et que je vais sentir s’installer un rythme répétitif qui va finir par m’endormir. En même temps, c’est assez prétentieux de ma part de penser que je pourrais n’être pas touchée par la plume de François Mitterrand. J’aurai l’occasion d’y revenir, de toute façon, puisque je viens à l’instant, ce matin vendredi, de commander le livre par téléphone à la librairie René Martin.
– C’est assez cher, m’a dit la jeune fille au téléphone, pour s’assurer qu’elle ne le commandait pas pour rien.
– C’est combien ?, ai-je demandé.
– C’est 42 $ avant taxes.
– Ce n’est pas cher, ai-je répondu en précisant qu’il y a beaucoup de pages puisqu’il y a beaucoup de lettres.
– Je me suis trompée madame, a rectifié la jeune fille, c’est 59 $ avant taxes.
– Ce n’est pas cher non plus, ai-je conclu.
J’ai souvenir d’un livre écrit par leur fille, Mazarine Pingeot, dans lequel il me semble avoir lu que Mitterrand, à la fin de sa vie, avait hâte pratiquement d’être sous terre pour ne plus subir les tensions du couple qu’il formait avec Anne, tensions qui s’avéraient être la répétition de celles qu’il avait connues avec Danielle. D’ailleurs, dans ce livre de Mazarine, n’était-il pas question d’un médecin avec lequel Mitterrand, en toute fin de vie, passait plus de temps qu’avec Anne ? D’ailleurs (bis), un livre n’a-t-il pas été écrit par ce médecin et mis en circulation par le monde de l’édition, pour en être retiré aussitôt, pour une question de droits d’auteur ou de permissions de la famille ou… ? Triple d’ailleurs, Jacques-Yvan n’aurait-il pas lu ce livre en le téléchargeant quelque part sur Internet ?
Ce serait une agréable surprise, quoi qu’il en soit, que d’être portée par la beauté des sentiments de Mitterrand tout au long du millier de lettres, pour contrebalancer la non beauté de la lassitude à laquelle réfère mon paragraphe précédent.
Comble du narcissisme. Non seulement ai-je douté de l’intérêt qu’aura sur moi la plume de Mitterrand, mais aussi ai-je eu le culot de penser, j’étais en train d’arpenter les corridors de l’hôpital pour en sortir lorsque cette pensée m’a habitée, que c’est un peu ce que je fais, sur mon blogue, écrire une lettre par jour à mes lecteurs abstraits, non incarnés, à mon large public qui ne se lasse pas, jour après jour, et ce depuis maintenant 1 384 jours…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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