Jour 823

Après la cardiologue à l’hôpital de Joliette, j’ai voulu faire plaisir à mon Fitbit, alors je me suis rendue à pieds à la bijouterie Perreault du centre-ville y faire agrandir mon bracelet médical, pour rester dans le domaine de la cardiologie. Quand il fait chaud et quand je fais de l’exercice intense sur le tapis exerciseur, il finit par me serrer le bras au point d’y imprimer les mailles du bracelet. Ça fait longtemps que je désire remédier à ce petit inconfort, je dirais au moins un an. Ce n’est pas loin, la bijouterie par rapport à l’hôpital, à peine 3 000 pas. En cours de route, je me suis arrêtée à la seule tabagie que je connaisse. Je voulais faire plaisir à mon mari et lui acheter un cigare en cadeau de fête des pères en retard.
Le temps passe en titi et la tabagie ne change pas. Comme c’est la première fois de ma vie que j’achetais un cigare, je me suis fiée aux connaissances du tabagiste, un vieux monsieur auquel je vais demander, à ma prochaine visite, depuis combien de temps il passe sa vie derrière son comptoir. Il me semble que ça fait une éternité.
– Voici notre meilleur vendeur, me dit le vieil homme qui a l’air jeune, en pointant une boîte métallique de cigares de la Havane.
– C’est combien ?, ai-je demandé.
– Quarante-huit dollars.
– Trop cher, ai-je répliqué succinctement, encore en mode rencontre avec la cardiologue.
– Vous aimeriez peut-être alors un cigare à l’unité ?, m’a suggéré l’homme.
– Bonne idée ! Vous savez, c’est pour faire plaisir à mon mari qui n’est pas fumeur.
– Il devrait aimer celui-ci, a conclu l’homme en refermant son présentoir de cigares verrouillé.
J’ai voulu lui demander pourquoi il verrouillait mais ce sera pour la prochaine fois.
– Vous voudriez peut-être acheter un billet de loto ?, m’a demandé l’homme au moment où je m’apprêtais à payer mon cigare à six dollars.
Sa question m’a tellement surprise qu’encore une fois j’ai regardé l’homme en ne sachant si je devais opter pour un Oui ou pour un Non.
– Je n’achète jamais de billet de loto, ai-je répondu.
Le tabagiste s’apprêtait à me rembourser pour le seul achat du cigare lorsque j’ai changé d’avis, séduite par le fait de n’avoir pas vu arriver sa question qui était pourtant fort prévisible.
– Je vais en prendre un, finalement, lui ai-je dit.
Il ne m’a pas demandé si je choisissais avec Extra ou pas d’Extra. Écrivant ces lignes, je me dis que je devrai faire valider mon billet cet après-midi lors de mes courses maintenant habituelles du jeudi avec tantine.
Les temps changent ça n’a pas de bon sens. Encore à pareille date l’an dernier, tantine faisait ses courses avec son mari.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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