Jour 822

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Où il est écrit à gauche dans le Glamagazine que la jeune femme modèle s’appelle Xenia Deli et où apparaît à droite l’homme aux cheveux et barbe spaghettis.

J’écris ce jeudi le texte de demain vendredi parce que dès ce soir nous serons, Denauzier et moi, au chalet dans le bois sans connexion Internet, et ce jusqu’à lundi.
Lundi cependant je serai chez Bibi, j’y accompagnerai papa pendant deux jours, et je devrais, beau temps mauvais temps, avoir l’occasion d’écrire.
Justement parce que le temps passe et que mon mari, j’allais l’apprendre plus tard, m’attendait déjà dans l’auto à notre lieu de rencontre après nos déplacements respectifs, je me suis empressée de traverser la Place-Bourget pour me rendre, donc, à la bijouterie. J’ai demandé à la dame d’ajouter une maille à mon bracelet, j’avais les mailles supplémentaires avec moi, bien conservées dans un mini sachet. Elle est venue me faire essayer le bracelet allongé d’une maille, mais j’ai trouvé ça encore trop juste et je lui ai demandé d’ajouter une autre maille.
– Il me semble qu’il est grand en masse, m’a dit mon mari plus tard, en parlant du bracelet.
Nous étions assis à une terrasse devant, lui une bière, et moi un verre de vin.
– Regarde, je peux passer mon pouce entre le bracelet et le bras. Quand tu auras enflé pour l’équivalent de mon pouce, ma chérie, il va falloir que je t’amène à l’hôpital !
Je n’ai pas osé lui dire que la deuxième maille, c’était mon idée. C’était mon idée et il a fallu que la dame retourne à l’arrière-boutique pour faire l’ajout. Pendant ce temps, et c’est ici que je veux en venir depuis le début du texte 823, j’ai feuilleté une revue qui fait la promotion de bijoux Mi Moneda. En fait, ça ne s’appelle pas une revue. Il est écrit sur la page couverture qu’il s’agit d’un Glamagazine. On se lasse vite de le consulter, le Glamagazine, parce que c’est la même jeune femme, très belle bien entendu, qui porte les bijoux à toutes les pages, dans toutes les tenues et les poses possibles. Mais à une page publicitaire, je suis tombée sur un homme qui a des cheveux spaghetti et cela m’a sauvé la vie. J’appréhende en effet ma réaction lorsque je vais revoir ma toile, celle que j’ai plongée dans le lac le week-end dernier, celle qui m’a tant fait souffrir, celle pour laquelle j’ai tant cherché sans rien trouver. Apercevant les cheveux spaghettis, qui se prêtent bien à l’utilisation des crayons gel, je me suis dit que j’allais tout simplement, en abandonnant toute tentative d’originalité, reproduire cet homme, en beaucoup plus grand compte tenu du format de la toile. L’homme, au fil des tracés, va peut-être devenir une femme, et la grosse barbe va peut-être se transformer en un imprimé de robe floral…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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