Jour 849

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8 Boulevard du Palais, 75001 Paris

Je vais bientôt terminer mes rosaces mais ce ne sera pas avant d’aller voir chouchou demain samedi à Montréal. Je suis rendue au nombre 2029. Je me suis forcée, hier soir, il était presque minuit, pour aller me coucher plutôt que de continuer.
Quand j’ai tracé le chiffre 1956, j’ai pensé à Bibi parce que c’est son année de naissance. Rapidement ce fut mon tour, 1959, puis je me suis demandé en quelle année était né les pattes d’ours, j’hésitais entre 1961 et 1962. Mon inconscient savait que mon frère a trois ans de moins que moi et que, par conséquent, il est né en 1962. C’est la raison pour laquelle j’ai tracé le nombre 1962 à la place de 1961. Heureusement, je me suis rendu compte de cette presque omission à la dernière minute. J’ai aimé risquer de me tromper de la sorte parce que cela prouve que pour faire ce que je suis en train de faire, il faut être concentré et j’ai toujours aimé être concentrée.
Ensuite ce fut 1971, c’est l’année pendant laquelle j’ai commencé à fréquenter le Séminaire en septembre, dans les classes duquel il y avait, je trouve, beaucoup de garçons. Quand je pense au Séminaire et à la vie qui commençait à peine pour moi, je regrette de n’avoir pas été plus à même de profiter de toutes les richesses que la vie scolaire nous offrait. Mais c’est peut-être parce que je regrette beaucoup de choses de mon passé que je profite tant de chaque seconde qui passe maintenant. Je ne m’étends pas sur mes regrets au point de m’arrêter de vivre et je ne pense pas pour autant que si c’était à refaire je m’y prendrais mieux.
Les études secondaires se sont terminées en 1976. Certains de mes lecteurs se rappellent peut-être qu’à pareille date l’an dernier, grosso modo, je m’apprêtais à fouler le sol de la salle de récréation après quarante ans d’absence. Ce fut une soirée des plus excitante.
– Tu donnais l’impression, m’a dit par la suite une amie, de vouloir embrasser tout le monde, de renouer avec tout un chacun.
– Renouer est un peu fort, lui avais-je répondu, dans la mesure où je n’ai noué de liens avec à peu près personne à l’adolescence !
En 1977, je suis allée en France avec l’amie qui m’a dit que je donnais l’impression de vouloir embrasser tout le monde au Conventum. Le premier souvenir de ce voyage qui me vient à l’esprit est à quel point je mourais de faim ! Je n’étais pas du tout préparée pour entreprendre ce voyage, en ce sens que je n’avais rien lu et rien désiré visiter en particulier. En prime, je n’avais pas d’appareil photo ! Un soir dans une auberge de jeunesse nous avions rencontré une Américaine, un guide Michelin à la main, qui nous avait demandé si nous avions visité la Sainte-Chapelle. Je dirais que c’est grâce à elle, l’Américaine, que nous sommes allées la visiter le lendemain, le ventre criant famine. Je ne serais pas capable, à l’âge que j’ai maintenant, de visiter la Sainte-Chapelle en ayant faim. Je me sentirais faible, prise de vertige, grelottante dans l’humidité et paradoxalement envahie par des bouffées de chaleur. D’où il ressort ceci : c’est beau la jeunesse !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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