Jour 850

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Autoportrait à la crème glacée, pour aller avec le narcissisme de mes propos.

Aujourd’hui je vais faire le point sur mes projets en cours pour tenter d’y voir plus clair dans tout ce que j’ai encore à faire. Je vais en outre publier une déclaration fracassante.
Je commence par un sujet léger : les hostas sortent peu à peu de terre. Je me demande s’ils vont pousser à leur pleine capacité étant donné qu’ils sont en retard, qu’ils expriment une rare timidité et qu’ils sont plantés plein sud alors qu’ils préfèrent la mi-ombre. Je suis allée tout à l’heure acheter des annuelles chez le marchand de fleurs du village. Je ne suis pas certaine d’avoir envie de me lancer là-dedans cet après-midi parce qu’il fait très chaud, mais en même temps il vente, le ciel se couvre et je n’aurais peut-être pas si chaud.
Denauzier est parti à son expédition annuelle de pêche en Abitibi. Un ami graphiste a mis en pages tous les textes de ma première année d’écriture. La présentation est aérée, les textes bien numérotés, il y en a pour 311 pages.
– Je vais profiter des cinq jours d’absence de mon mari, ai-je dit à mon ami graphiste, pour lire attentivement et te transmettre les coquillettes.
Sauf que d’une chose à l’autre, et délaissant pour y arriver les masses de mes rosaces, j’ai terminé ma lecture hier alors que mon mari n’était pas encore parti.
Déclaration fracassante : je suis très satisfaite du résultat. Vers la fin, certains enchaînements sont difficiles à suivre, je fais du coq à l’âne. Je me pâme un peu trop par rapport à la beauté de la vie et à l’amour universel qui nous unit tous autant que nous sommes sur la terre. On peut aussi déceler à quel point je ne suis pas une femme d’affaire quand vient le temps de m’acheter une voiture, mais au moins je le sais et je l’écris.
Cela dit, je transcris avec précision ma perception amusée d’événements qui s’avèrent généralement anodins. On peut voir mon manuscrit comme un manuel pratique fourmillant d’exemples pour apprendre à développer une attitude positive, voire joyeuse, dans les situations courantes de la vie. On peut même lire mon manuel pour découvrir qu’il est possible de transformer en épisodes savoureux des faits et gestes qui semblent insipides au premier regard. Je me lance des fleurs et je me gargarise avec le nectar qui se dégage de ce premier tome.
Mais justement, il ne s’agit que du premier tome. J’en ai cinq autres en attente d’être mis en pages par mon ami. Cela nous amène à six années d’écriture. Mais ces cinq autres ne sont pas encore corrigés et la correction prend beaucoup de temps. Parallèlement, je suis en train d’écrire la septième année, au terme de laquelle il en restera trois. Si je pense à tous les efforts qui ont été nécessaires pour arriver au produit fini de la première année, je ne peux que courber le dos devant l’ampleur du travail colossal qui m’attend.
Pour me changer les idées, et me rappelant qu’il n’y avait pas de mouches noires hier et qu’il n’y en a peut-être pas encore aujourd’hui, je vais aller me courber le dos en plantant des fleurs dehors.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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