Jour 863

Dans mon rêve de la nuit dernière, mon ancienne patronne me demandait si j’avais des problèmes d’ordre gynécologique. Je trouvais sa question étrange mais je me contentais de répondre par la négative sans me casser la tête. Elle me demandait alors si je souffrais d’une petite dépression.
– Où veux-tu en venir ?, lui répliquais-je, déçue de n’être pas déjà débarrassée d’elle.
– Tu sembles tristounette, pas en forme, pas énergique, est-ce qu’il y a quelque chose qui ne va pas ?
Je formulais alors une réponse très à mon goût, affirmée sans être arrogante, pour l’informer qu’elle s’inquiétait pour rien, que tout allait bien. Malheureusement, elle poursuivait avec une remarque supplémentaire et je décidais de lui dire une fois pour toutes ses quatre vérités.
– Il ne faudrait quand même pas que tu oublies, Annie, ce que tu m’as fait aux Ressources humaines il y a quelques mois. Rappelle-toi à quel point tes remarques ont été virulentes à mon égard. Comment voudrais-tu que je manifeste du plaisir à te voir, alors qu’intérieurement je ne suis pas loin de te mépriser ? Je ne t’en veux pas de m’avoir bardassée aux Ressources humaines. Disons que depuis cet épisode, je trouve dommage de devoir être encadrée par une personne aussi incompétente que toi.
Je me félicitais intérieurement, car je venais d’exprimer l’exact fond de ma pensée.
Je prononçais ces paroles, qui soulageaient mon cœur, en m’approchant d’elle au point que nos visages se retrouvaient nez à nez. Je ressentais la sécrétion de l’adrénaline qui se dégageait dans mon corps et qui commençait à me griser, mais j’espérais ne pas aller trop loin, comprendre ne pas l’agresser physiquement.
Puis, changement de décor, nous devions, tous les employés de mon service, participer à un gala qui allait attirer beaucoup de monde dans une salle immense. En écartant légèrement les lourds rideaux de velours rouge de la scène où nous évoluions avec frénésie, on voyait déjà que la salle était bondée. On m’avait attribué un rôle auprès de Ludwika qui allait jouer du violon et j’allais l’accompagner à la guitare. Je savais que je n’allais jamais être capable d’y arriver, et Ludwika aussi le savait, mais nous faisions semblant d’être prêtes à jouer sur scène sans avoir pratiqué ne serait-ce qu’une fois. Les patrons nous demandaient :
– Vous, les deux musiciennes, expérimentées comme vous l’êtes, ça va aller ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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