Jour 869

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Des petites masses, comme autant de pétales de roses dans les teintes de jaune.

Je n’en peux plus. Voici le projet sur lequel j’ai travaillé ces derniers jours. Un grand format recouvert de rosaces imitant la technique de la mosaïque. J’ai réussi à le terminer à travers la marche quotidienne des 10 000 pas –dehors ou sur le tapis roulant–, à travers les cours de danse en ligne au centre communautaire du village, à travers les repas familiaux à l’occasion des célébrations de Pâques, sans oublier l’assemblée générale houleuse de la FADOQ que nous avons eue hier, sans oublier non plus une visite chez le médecin à Joliette avec ma belle-maman ainsi que deux virées à Rawdon pour faire les courses avec tantine. Dès que je le pouvais, je m’installais à ma table dans mon bureau pour ajouter de petites masses, comme autant de pétales. Bien entendu, il me fallait passer sur la toile deux fois, sinon trois, pour obtenir des masses pleines qui ne laissaient pas voir les traces des poils du pinceau.
J’ai travaillé sur cette toile au détriment de ce que je pensais faire pendant mon congé de deux mois de blogue, en mars et maintenant avril : je désirais me consacrer à la correction des textes de ma première année. Je m’y suis consacrée aux deux tiers. Il me reste un petit dix jours pour terminer ces corrections, dix jours pendant lesquels je vais laisser mes rosaces traîner à la vue, en attente de trouver ce que je veux peindre par-dessus. Au moment où j’écris ces lignes, je voudrais peindre par-dessus un autre motif répétitif dans d’autres couleurs qui n’occuperait qu’une portion de la toile, une forme qui s’appuierait cette fois sur des lignes droites et non des cercles. Il m’est aussi venu l’idée saugrenue de numéroter chaque masse au stylo noir à pointe ultrafine. Comme si chaque pièce était un morceau permettant la reconstitution d’un artefact. Ce serait une manière de me moquer de moi-même qui vis dans les comptes et les décomptes depuis maintenant six ans. Je compte les textes qu’il me reste à publier, de même que les mots que contient chaque texte publié –au moyen, il convient de le souligner, d’un compteur automatique. Fitbit, autre compteur automatique, compte mes pas et je consulte mon bracelet deux ou trois fois par jour pour connaître le cumul du moment. Pour la danse en ligne il me faut aussi compter mes pas : un lent, deux vite, un chassé-croisé, trois cha cha cha. Je compte les pages du document Word qui regroupe mes textes à corriger : il y en avait 159 au départ, j’ai coupé l’équivalent de 9 pages, il reste 150 pages dont 100 sont corrigées. Il est prévu que Denauzier s’absente quelques jours pour des locations d’hélicoptères. J’espère utiliser ces jours sous forme de retraite à n’être en contact avec personne pour venir à bout des 50 pages restantes.
Une chose positive mérite d’être exprimée ici, au terme de cette accumulation de pétales de rosaces : à la fin, j’aurais volontiers jeté mes couleurs et mes pinceaux tellement j’étais tannée. Pour une fois, je n’ai pas souhaité me maintenir dans l’immobilisme somnolent de la répétition réconfortante.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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