Jour 871

kenya

« Il y a de graves problèmes d’eau, les gens sont affamés, les écoles sont fermées, les défis sont au-delà de la capacité de gestion du gouvernement », a déploré le gouverneur du comté.

J’étais à la cabane à sucre, à St-Jacques, avec papa, son frère et Bibi. Deux vieillards au-delà de 80 ans d’un côté de la table, et deux jeunes vieilles en face d’eux.
– Cette dame, tu lui donnes quel âge ?
– Au moins 75, a répondu Bibi.
J’observais tous ces gens venus manger le midi en autobus par une journée de pluie battante en me disant que ce serait moi, dans moins de vingt ans. J’accuserais le même âge et probablement la même apparence. J’aime mieux ne pas y penser.
Après avoir déposé chez eux nos aînés, pour retarder l’arrivée de l’apparence qui est la nôtre à 75 ans –donc, je continue d’y penser–, Bibi et moi sommes allées au centre commercial faire des pas. Je m’attendais à ce qu’on traverse le centre d’un très bon pas, et qu’on revienne dans les mêmes conditions à notre point de départ, et que, de là, on se mette à flâner à travers tous les biens qui sont à vendre et auxquels les gens des pays en crise n’ont pas accès.
– Est-ce que tu penses à l’occasion aux Syriens ?, ai-je demandé à Bibi. Aux gens du Soudan, du Yémen, de la Somalie ? Et même au Kenya, que je croyais être un pays riche, il y a, si j’ai bien lu, des problèmes de famine…
– Nous sommes tellement gâtés, a répondu Bibi, tout en s’arrêtant pour caresser une étoffe.
De fil en aiguille, nous avons marché, certes, mais heureusement que j’avais goûté aux bienfaits de mon tapis exerciseur la matin.
– Je fais certainement 10 000 pas par jour, m’a dit Bibi. Je n’arrête pas de bouger !
– C’est quand même pas mal de pas, ai-je répondu. Et encore, j’ai lu que si on vise une perte de poids, il faut en marcher 16 000 !
Je ne peux pas poursuivre ma vie à ainsi compter sans arrêt. Ça fait déjà des mois que je compte les mots de mes textes parce que je me suis fixé un format de 500 mots par jour. Ça fait six ans que je suis sensible au décompte de mes textes à raison d’un seul par jour. Et voilà que je compte mes pas, et que pour compter mes pas je compte les minutes que je passe à marcher sur le tapis. Ce n’est pas naturel.
Chaque seconde compte, soit, il faut profiter de la vie, mais il y a des limites ! Mes journées sont remplies avec mes seules séances d’exercice et mes écritures quand s’ajoute à ces deux priorités le train train quotidien. Où vais-je trouver le temps de peindre, et de corriger les textes sur mon blogue qui se sont accumulés au fil des années ? Et de lire ? Et de bientôt jardiner ?
J’étais à la cabane à sucre, à St-Jacques, avec papa, son frère et Bibi.
– Quatre Longpré, c’est bien, a dit papa. Ça n’arrive pas souvent.
– On reprend ça la semaine prochaine !, a proposé Bibi.
– Oh ! Oui !, me suis-je exclamée, reléguant aussi vite aux oubliettes mon insoluble problème de temps insuffisant.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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