Jour 873

Je continue d’avoir de la visite sur mon blogue malgré que j’écrive très peu. Pas des tas de visites, bien sûr. Quand je mets des photos en ligne, j’ai plus de visites. Et comme j’ai publié une jolie photo de nulle autre que moi avec bouclettes et maquillage et demi-sourire suggéré par le professeur de yoga, j’ai obtenu plus de visites que d’habitude. Par gratitude auprès de mes lecteurs fidèles, quoi qu’il en soit, j’écris aujourd’hui pour faire le point sur ma situation au 30 mars 2017 quant à mes illustres projets.
J’ai profité du mois de mars, pas aussi intensément que je l’aurais désiré, pour corriger les textes de ma première année d’écriture sur mon blogue, c’était en 2011-2012. Au moment où j’écris ces lignes, j’en ai les deux tiers de corrigés.
Mon mari étant absent cette semaine, en déplacement en Abitibi pour une location d’hélicoptère, j’ai proposé à tantine, pour lui tenir compagnie, de passer une nuit chez elle, qui fut la nuit de mardi à mercredi. Encore à minuit et demi, tantine étant couchée, je corrigeais mes écrits sur la table dans sa cuisine.
Cela me demande du courage parce que je découvre, de texte en texte, que ce n’est pas intéressant, ni bien écrit. Je persiste dans mes corrections en essayant de comprendre comment ça se fait que j’avais l’impression que c’était bon auparavant, il y a six ans ? Je persiste dans mes corrections portée par l’espérance, toujours elle, en me disant que le prochain texte sera meilleur que le précédent. Or il n’est pas meilleur, alors je poursuis ma quête dans un entêtement fondamental et vital, en me disant que le prochain texte sera, lui, meilleur que le précédent, et ainsi de suite, sans fin, sans aboutissement satisfaisant.
Je poursuis en outre mon travail de réécriture dans un état qui me déstabilise de plus en plus : j’aurai porté ma vie, ces six dernières années, en l’associant à une réussite pseudo artistique qui n’est pas loin, en fait, du fiasco. Je me suis définie en m’appuyant sur une donnée erronée. En extrapolant, j’ai été la personne que j’ai été par erreur !
Je me revois dans certaines situations difficiles au travail. Pour les traverser sans trop de souffrance, je me disais que j’étais, soit, la Lynda fragile qui étouffe dans son cadre professionnel, mais que j’étais aussi la Lynda artiste épanouie qui respire à pleins poumons et rafraîchit ses lecteurs à travers ses découvertes sans cesse renouvelées.
Écrire ne m’aurait donc servi qu’à ça, me tenir la tête hors de l’eau quand les épreuves m’aspirent vers les profondeurs ? Écrire constituerait donc pour moi un acte d’humilité, me faisant réaliser que j’écris, certes, mais sans avoir de voix, je ne parle pas de voix unique, mais de voix tout court. J’écris sans m’intéresser d’abord, et c’est encore plus grave, au contenu. En fin de compte, écrire comme on fait un casse-tête, ou des mots cachés. Même pas des mots croisés parce que je n’ai pas assez de vocabulaire.
Mercredi en fin de journée, tantine m’a téléphoné. Après avoir passé une demi-journée avec elle, et après mon cours de danse en ligne au centre culturel de St-Jean-de-Matha en fin d’après-midi, elle m’a demandé de quelle manière je comptais occuper ma soirée.
– En corrigeant mes damnés textes, fut bien entendu ma réponse.
– Mais pourquoi travailles-tu si fort ?, fut instantanément la réponse/question de tantine.
Pourquoi est-ce que je travaille si fort ? J’aimerais bien le savoir.
– Que puis-je te souhaiter ?, fut aussi la fin d’une conversation que j’ai eue le même jour au téléphone avec une amie.
– Que mes textes soient mieux écrits !, fut mon cri du cœur, comme si, mourante, j’exhalais une ultime vérité.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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