Jour 883

Robe noire toute simple.

Robe noire toute simple.

Plusieurs choses positives dans mes rêves de la nuit dernière. Je suis à l’université, descendant un escalier étroit en colimaçon, qui existe bel et bien. Un ami m’accompagne, que j’ai perdu de vue, qui avait très peu confiance en lui. Comme l’espace est étroit, nous descendons une personne à la fois. L’ami me suit. Nous croisons, montant pour aller je ne sais où, un chapelet de belles femmes, vêtues comme si elles allaient exhiber leur parure sur le tapis rouge au festival de Cannes. À la première qui arrive à ma hauteur, je suis déstabilisée par la différence entre sa beauté et la non-mienne. C’est le sentiment immédiat qui s’installe en moi, celui de mon infériorité. Cependant, au lieu de déplorer mes manques en matière d’apparence, je choisis sur le champ de me laisser imprégner par la magie des tenues qui défilent sous mes yeux. Au moment précis où je décide de ne pas opter pour la jalousie mais pour le plaisir de la découverte, la robe de la dame que je croise, une robe noire toute simple, se couvre miraculeusement d’un très long sautoir de pierres précieuses dont les couleurs sont chatoyantes. Bien entendu, c’est magnifique et je l’exprime en m’exclamant. D’autres femmes arrivent ensuite, souriantes, la main appuyée sur la rampe pour se maintenir en équilibre sur leurs talons aiguilles. Quand nous atteignons le bas de l’escalier, je suis contente d’avoir vécu une expérience agréable, et non pas douloureuse sous l’effet du dénigrement. Toujours en rêve, dans une constatation qui résume ce à quoi a servi jusqu’à présent mon parcours sur terre dans ma vie éveillée, je me dis qu’il suffit de vouloir être positif pour l’être. Pas de niaisage.
De l’escalier en colimaçon, je me retrouve en équilibre précaire sur un voilier. Autour de moi, il n’y a que de l’eau bleue, à perte de vue. Encore une fois, le sentiment immédiat qui m’habite n’est pas positif. D’abord, je me demande si des requins ne vont pas venir rôder autour du bateau, et nous manger. Ensuite, je me rappelle que j’ai peur du tangage et de la gîte. Un homme est sur le pont, devant moi, il me parle d’une voix forte parce qu’il y a du vent –et aussi parce que Denauzier, dans un contexte pareil, parlerait fort ! Il m’encourage à tenir l’extrémité des écoutes–qui sont curieusement dotées de poignées– et à me laisser porter par le mouvement du bateau et de l’eau et du vent, sans résister, sans me tendre moi-même, sans crainte. Je ne suis pas certaine de vouloir essayer de me comporter comme il le suggère. Je tourne le regard à droite, à gauche, sur l’étendue des flots, pour découvrir que des femmes de peau noire, bien rondelettes, nagent, flottent, se laissent rafraîchir pour ce qui semble être leur grand plaisir. Alors je décide de lâcher prise, de ne pas résister, de saisir les poignées et de me laisser porter, non pas sous l’effet du désabusement –comme lorsqu’on se dit que ça ne peut pas être pire de toute façon– mais parce que je désire vraiment essayer de goûter à cette expérience nautique au lieu de la craindre.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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