Jour 887

Hier jeudi, de retour de ma visite chez tantine, je n’ai pas écrit mon mot du jour, pas plus que je n’ai peint, pas plus que je n’ai lu, et encore moins marché. J’étais trop fatiguée. J’exagère les défis physiques depuis que je porte mon Fitbit. En fait, j’ai un peu lu, écrasée sur le divan à côté de mon mari, j’ai feuilleté des revues que tantine m’a données. Mon cœur battait anormalement vite. Mon bracelet indiquait qu’il battait à 82 pulsations par minute, alors que j’étais au repos. Il me semble que c’est haut. Les cardiologues nous disent que nos cœurs réparés sont aussi forts, sinon plus, qu’un cœur qui n’a pas reçu d’intervention chirurgicale. Je commence à me demander si c’est vrai.
Cet après-midi, Bibi et son amie sont venues marcher sur les pistes que trace Denauzier en motoneige, dans la montagne derrière la maison. Comme les deux femmes ne sont pas en archiforme sur le plan cardiovasculaire –parce que pour le reste Bibi est très en forme–, Denauzier a eu l’idée d’installer une petite carriole derrière sa motoneige pour amener les dames au sommet de la montagnette. De là, nous avons marché en ne faisant que descendre, mais en empruntant aussi quelques détours. Bibi n’arrêtait pas de s’extasier à quel point c’était beau, cette journée divine de soleil sous un ciel bleu dans la pureté blanche de la neige. Je leur ai fait visiter la petite cabane dans laquelle nous avons bu du vin chaud, mardi dernier, nous étions trois couples à nous y entasser. C’était à l’occasion de notre souper mensuel entre amis. Nous n’avons pas soupé dans la cabane, bien entendu, nous n’y avons bu que le vin chaud.
De retour à la maison, j’en reviens à la promenade avec Bibi et l’amie, nous avons joué aux cartes. Pour une des rares fois de ma vie, j’ai gagné !
Avant de nous installer pour la partie de cartes, nous avons fait le tour de la maison pour y regarder mes toiles. Les réactions ont été mitigées, devant l’amphore romaine. Mes invitées n’ont pas exprimé plus d’excitation qu’il faut. Je pense ajouter un peu de bronze pour rehausser la couleur du vase de terre cuite. Si j’ajoute ici et là des touches de bronze à l’amphore, je vais devoir beaucoup résister à la tentation qui m’habite depuis quelques jours de couvrir les viscères d’un beau mouvement de spatule avec une bonne épaisseur de ce même bronze. Couvrir les viscères d’un beau mouvement de spatule avec une bonne épaisseur de ce même bronze, cela revient à dire cacher une importante partie des viscères. C’est un pensez-y bien, car une fois appliqué, le large trait sera difficile à déloger. Après coup, les gens vont peut-être me demander pourquoi j’aurai couvert le travail de plusieurs heures –les viscères– par un mouvement qui s’applique en deux secondes. Je ne voudrai pas répondre que c’est parce que le travail, en-dessous, n’était pas intéressant. Si je réponds ça, je vais me dénigrer. En même temps, je ne voudrai pas mentir. Je dirai alors que c’est parce que la toile avait besoin de ce mouvement pour prendre tout son sens. Cela revient à ne rien dire, mais, ne disant ainsi rien, j’aurai quand même répondu quelques mots.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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