Jour 904

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Le plus beau coq que j’ai vu dans ma vie.

Je n’ai pas été capable de travailler sur mon grand format aujourd’hui. J’ai peut-être passé trop de temps cette semaine à regarder des volatiles excessivement beaux, comme celui ci-contre, et du coup je ne me sens pas à la hauteur. Il faut dire aussi que la toile de grand format est déjà montée sur un cadre de bois et cela rend le travail difficile. Comme je n’ai pas de chevalet, je me retrouve courbée et à bout de bras pour peindre le milieu de la surface, ce n’est pas agréable. J’ai quand même réussi avec un chiffon mouillé et un pinceau à tracer la forme d’un animal qui aurait disons la tête d’un pélican et le corps aussi rond que la lune à la pleine lune. Je mentionne avoir utilisé un chiffon parce qu’il m’a fallu recommencer plusieurs fois, donc effacer en le frottant le trait que je venais de tracer, recommencer, m’éloigner, revenir, n’être pas satisfaite, etc. Le corps lune et la tête pélican sont reliés par un cou très mince que j’ai pensé garnir, d’une certaine manière, de plumes supplémentaires, comme si l’animal déployait ses ailes vers l’arrière. Malheureusement, j’ai obtenu les ailes d’un ange, elles étaient trop grosses, trop hautes, alors je les ai recommencées elles aussi. Lorsque mon sujet est tracé, d’habitude je suis contente et encouragée, il ne me reste qu’à garnir mes masses, je sais où je m’en vais. Cette fois-ci, les masses me plaisent telles qu’elles sont à cause des coups de spatule qui ont créé de belles textures, et en même temps je ne peux pas me contenter de simplement tracer un animal fantastique en ne travaillant pas les volumes, c’est comme si je publiais un livre qui ne contiendrait qu’une page de texte. Peu avant de m’attaquer à mon volatile, je suis allée à la toilette et mon regard est tombé sur une toile, vieille comme Mathusalem, qui décore un des murs de la salle de bain. Croyez-le ou non, je suis revenue dans mon bureau avec cette toile et c’est là-dessus que j’ai travaillé. La toile est composée de formes ovales et rondes qui se croisent et suggèrent une sorte de rosace. Eh bien j’ai rempli des sections de rosace avec du noir une bonne partie de l’après-midi, en ne sachant pas où l’aventure allait me mener, et en ne le sachant pas davantage ce soir. Je me suis aussi lancée dans un petit format, quand j’ai considéré que j’avais assez tracé de noir, petit format sur lequel j’ai essentiellement déposé des amas d’acrylique. Puis, ce soir, j’ai découvert un bandeau de canevas sur lequel j’ai travaillé avant Noël et que j’aimerais continuer de transformer. Cela veut dire, et c’est la première fois que cela m’arrive, que j’ai quatre toiles en chantier en même temps. Je ne sais pas si ça veut dire que je m’éparpille, mais je choisis d’interpréter la chose positivement. Après tout, quand j’étudiais en littérature à l’université, je n’attendais pas d’avoir fini un livre pour en commencer un autre, j’en commençais trois ou quatre en même temps et je passais au travers en les alternant.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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