Jour 906

Volatile en devenir ?

Volatile en devenir ?

Voici à quoi ressemble ma toile depuis que je l’ai couverte hier de restants de peinture. C’est bien tentant de profiter de la forme bombée du bas, dans les teintes de rouge gris, pour reproduire un oiseau de basse-cour. Ou une énorme citrouille ? Ce serait plus facile la citrouille, je n’aurais pas à me préoccuper du cou et de la tête de l’animal, je n’aurais qu’à surmonter la partie bombée d’une grosse queue un peu inclinée. Mais en même temps, il y a déjà une ligne rouge ascendante qui m’invite à envisager un cou, une tête et une crête de volatile… Demain, mon mari sera absent ainsi que samedi et je vais profiter de cette solitude pour me lancer dans la création d’un possible volatile, sans réfléchir davantage. Si le résultat ne me plaît pas, je n’aurai qu’à peindre à nouveau par-dessus. Point final.
Sur un tout autre sujet, j’annonce aujourd’hui que pour la première fois de ma vie, j’ai publié un tweet qui exprime autre chose que la mise en ligne de mes propres textes. C’est l’fun, annoncer la parution de mes propres textes, cela n’engage que moi-même. C’est une goutte de poésie, bien que je ne sois guère poète, perdue dans le mouvement du monde. C’est plus intimidant d’affirmer une position politique. Aujourd’hui j’ai annoncé une position politique. Je suis quand même fière de mon tweet, que j’ai libellé ainsi : «Après le mouvement Indignez-vous, voici Alarmez-vous!», suivi d’un article d’un journaliste américain qui s’intitule Are you not alarmed ?, dans lequel il commente les décisions récentes de Donald. Cet article s’accompagnait de 1967 commentaires au moment où je l’ai consulté, ce n’est pas rien. Je déplore ma pauvre connaissance de la langue anglaise dans le contexte de l’arrivée de Trump, tous les articles m’intéressent or je ne les comprends que partiellement.
Sur un tout autre sujet (bis), j’ai fini hier Je voudrais qu’on m’efface. C’est l’histoire de Meg qui se pique les veines, de ses trois enfants qui se font prendre en charge par la DPJ, de la solitaire Roxane qui s’en sortira peut-être alors que pour sa mère Louise et son père Marc, tous les deux alcooliques, il est trop tard, de Kevin l’enfant doux qui se fait taper dessus à l’école, etc. Je ne sais pas ce que je pense aujourd’hui de ces textes qui rendent compte de la misère humaine. J’apprécie qu’Anaïs soit demeurée neutre en tant qu’auteure et narratrice. Elle écrit des tableaux, des tranches de vie qui se croisent sans les investir de ses propres sentiments, selon une approche cinématographique. Dans un autre récit construit autour de personnages souffrants, j’avais été dérangée, il y a longtemps –et peut-être que si je relisais le livre je ne le serais plus– par la hargne qui semblait habiter l’auteure de Homme invisible à la fenêtre. Je me rappelle en tout cas que c’est en réaction aux récits teintés de déprime des auteurs québécois –pour le peu que j’en avais lu à vingt ans– que je m’étais orientée vers la littérature française, à l’université, alors que le programme de littérature québécoise existait concurremment. Si c’était à refaire aujourd’hui –je pense soudainement à Michel Houellebecq !– je ne sais pas quel serait mon choix.

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À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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