Jour 924

05-2014-faon-non-abandonne-association-la-dame-blancheDans mon rêve de la nuit dernière, il était question d’un animal. Habituellement, quand je rêve à un animal, je suis envahie par la peur qu’il m’agresse, qu’il me saute au visage, qu’il me morde. Le seul fait de le voir, de le savoir vivant dans mon environnement immédiat, me donne une sacrée trouille. Rêver à un animal, n’importe lequel de n’importe quel âge, c’est rêver à une menace, à un danger, à un risque d’attaque. Parfois il m’attaque bel et bien, et c’est alors dans un sursaut terrible, en état de panique, que je sors du sommeil.
Voir un animal dans ma vie éveillée ne s’avère guère mieux. Je n’aurai pas tendance à vouloir m’en approcher, je ne serai pas émue ou attendrie, je vais vouloir m’en éloigner. Je ne parle pas des chats et des chiens, quoique, il n’y a pas si longtemps, la phrase précédente s’appliquait également aux chats et aux chiens.
À cet égard, je me suis surprise samedi dernier –j’ajoute ceci en petite digression, bien que je sente que je deviens difficile à suivre–, je me suis surprise samedi dernier, en visite chez des amis, à me diriger moi-même vers une vieille chienne répondant au nom de Charlotte, pour la flatter. Quand nous avons quitté les amis, je me suis à nouveau penchée pour la saluer de quelques caresses. J’imagine que la vie à la campagne y est pour quelque chose, et de même le fait que Denauzier était le maître d’une vieille chienne, Nikki, qui me suivait partout dans ses derniers mois de vie.
Toujours est-il que j’étais en véhicule, dans mon rêve, roulant vers je ne sais où, quand je décidais de m’arrêter en cours de route pour acheter un animal. Oui oui, vous avez bien lu.
– Tiens, je vais m’arrêter pour acheter un animal, étaient les mots que j’entendais dans ma tête.
C’est quand même incroyable de la part d’une personne qui a peur des animaux. Je décidais en quelque sorte d’affronter ma peur, ou alors je décidais que, déjà, je n’avais plus peur. Ou encore, en bon bélier, je ne réfléchissais pas et je m’en allais dépenser.
Je ne m’attarderai pas ici sur l’aspect mercantile de l’affaire qui peut étonner.
Cela me rappelle –encore une digression– l’achat de ma voiture Soniquette : il était clair que j’allais acheter une conduite manuelle parce que je m’étais trouvée bien niaiseuse, des années durant, de m’être laissée intimider par un bras de vitesse et une courroie de transmission. Je ne me suis pas demandé si j’allais être capable de maîtriser le principe d’une telle conduite, lors de mon achat, j’étais strictement tendue vers le désir d’enfin surmonter ma faiblesse.
Je me retrouvais donc, sortant de quelque animalerie, avec un quadrupède de petite taille, disons la taille d’un gros porc-épic, à poils courts et doux comme ceux d’un chevreuil, à pattes courtes et costaudes comme celles d’un cochon. Brun et grisâtre dans son aspect général. Plutôt mignon. Je le déposais avec plus ou moins de délicatesse à l’arrière du véhicule, dans un fatras de sacs et de bagages qui encombrait la banquette arrière. Au bout d’un moment, l’animal se mettait à bouger et à vouloir s’installer sur la banquette avant, à côté de moi. Comme j’avais peur de l’animal, sans en avoir peur apparemment puisque je venais de l’acheter, comme, en tout cas, je voulais conduire tranquille, je finissais par m’arrêter le long de la route pour le prendre dans mes bras et décider de ce qu’il convenait de faire.
Il se déroulait un deuxième rêve dans ma tête, parallèlement à celui ci-narré : je rêvais une fois de plus que je ne savais pas quelle était ma voie. Je ne savais pas où j’en étais dans ma vie. Étais-je encore aux études ? Si oui, dans quel domaine ? Avais-je déjà étudié dans ma vie ? Et à quel endroit ? Ah oui ! ça me revenait tout d’un coup, comment avais-je pu l’oublier, j’étais aux études, je poursuivais des études de doctorat en sciences humaines, surprise moi-même de me retrouver dans un domaine qui n’a jamais été vraiment au centre de mes intérêts. Disons que j’étais en train de poursuivre des études en sociologie ou en anthropologie dans une université de moyenne catégorie pour la grosseur et la réputation de l’établissement.
Je tenais toujours l’animal dans mes bras, sur le bord de la route. Mécontent, il se mettait à serrer mes bras avec ses pattes de plus en plus fort. Je n’avais pas peur. Grande victoire. Mais je sentais qu’il me fallait prendre une décision avant que la situation ne s’envenime.
– Je n’ai qu’à laisser l’animal s’échapper dans la nature !, était la solution qui se manifestait à mon esprit.
– Ni vu ni connu !
– Comment va-t-il faire pour s’en sortir vivant ?, était ma première objection. S’en sortira-t-il vivant ? Est-ce que je me soucie de savoir s’il s’en sortira ou pas ?
Sur ces questions dont les réponses ne m’intéressaient pas trop, j’ouvrais les bras et l’animal, sans trop se presser, sautait sur le sol et faisait l’expérience de sa liberté. C’était déjà un problème de réglé. Je pouvais retourner conduire sans craindre que le quadrupède ne vienne se faufiler entre les pédales.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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