Jour 927

État de la situation le 2 janvier 2017.
Mes bouclettes ont bel et bien disparu, mais ma cousine m’offre de me prêter ses rouleaux chauffants. C’est l’avantage d’écrire mon blogue : je ne m’attire pas de prix Pullitzer ou un nombre faramineux de lecteurs, mais je me fais proposer des rouleaux pour les cheveux, de la même manière que je me suis fait proposer par une autre lectrice, il y a longtemps, et si je me rappelle bien, une paire de bas collants !
La petite fille dort dans les bras de son grand-papa en ce moment, il est 12h21. Le grand-papa vient de se réveiller, mais pour ne pas réveiller la petite, il essaie de ne pas bouger. J’en profite pour écrire. J’écris en compagnie du contenant d’arachides non salées à ma gauche, et de tout un fourbis à ma droite, allant de l’appareil photo, à la calculatrice, à mon sautoir, à des factures fripées, à la bouilloire électrique, à des tubes d’acrylique, etc. Avant d’écrire, je me suis lancée dans quatre préparations culinaires parallèles, c’est possible puisqu’il y a quatre plaques chauffantes sur la cuisinière, et parce que, mine de rien, mes réflexes de maman au sein d’une famille reconstituée ont vite refait surface, même s’ils n’ont pas été sollicités depuis assez longtemps.
– Qu’allons-nous préparer ce soir ?, s’est demandé mon mari alors que nous mangions notre gruau –tout en en faisant manger à la petite.
– Du coq au vin ?, a été ma réponse immédiate, consciente que la dinde et les bouteilles de vin rouge entamées s’avéraient des ingrédients idéaux.
J’ai très mal dormi, tendue par la possibilité que la petite se réveille du fond de son walk-in.
– Mais chérie, c’est sûr que tu l’aurais entendue si elle s’était réveillée !, s’est exclamé mon mari.
– Ce n’est pas la peur de ne pas l’entendre qui m’a tenue réveillée, ai-je répondu, c’est la peur de ne pas savoir comment la réconforter.
– Tu oublies toujours que tu n’es pas seule, a rétorqué Denauzier. Je suis là, mon fils est là, sa femme est là, et même le chien est là ! Je ne peux pas croire qu’à la gang on n’aurait pas été capables de la rendormir !
– Tu as raison, j’oublie que je ne suis pas seule. C’est peut-être parce que je l’ai tellement été quand j’avais l’âge de la petite ? Et j’ai tendance à penser que je ne pourrais pas la réconforter parce que, à son âge, je n’étais pas consolable de me sentir si seule ?
– En plus, maintenant, je veux dire depuis que je suis plus vieille, quand je ne dors pas j’ai mal au ventre, ai-je ajouté pour changer de sujet car les interprétations psychologiques peuvent s’avérer indigestes lorsque mélangées au gruau.
– Donc tu as mal au ventre ?, s’est inquiété mon mari.
– Quand même, oui, ai-je répondu.
Alors, pour oublier le mal de ventre, le mauvais sommeil, les bouclettes qui ont disparu, la solitude quand j’étais moi-même toute petite, pour oublier les plantes qui ont besoin d’eau mais qui ne sont guère accessibles, et tout un tas de choses encore, j’ai cuisiné non pas un plat mais quatre : le coq au vin, un gratin dauphinois qui est au four en ce moment, un potage à la laitue et autres verdures trouvées dans le frigo –que je n’ai pas passé au malaxeur pour ne pas réveiller mademoiselle–, et une soupe à partir du fond de dinde qui était dans la trop grande casserole qui a passé deux nuits et un jour dehors sur la galerie. Et cela dit pour bien clore mon récit, la petite a très bien dormi.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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