Jour 933

Nous avons trouvé deux convives supplémentaires pour notre souper de ce soir, afin de vitaliser notre dynamique relationnelle autour de la table. Nous serons trois couples et une jeune fille, donc sept. Ça ne peut pas mieux adonner, nous avons sept ramequins de même modèle et nous mangerons de la soupe à l’oignon gratinée. Un des ramequins devra cependant être lavé car hier soir j’ai servi de ladite soupe à mon mari. Il m’a dit qu’elle était très bonne. Pour ma part, comme je n’avais pas très faim, je m’en suis tenue à du pouding au riz, deux portions généreuses.
Mon mari a beaucoup d’idées. Me voyant tourner la mixture au riz dans la casserole pour qu’elle ne colle pas dans le fond, il a suggéré de remplacer la vanille, qui donne la touche finale, par une boisson alcoolisée à saveur d’érable qui s’appelle Le coureur des bois. J’ai trouvé l’idée excellente, alors nous sommes allés dans ce sens-là, mais c’est moi qui ai versé l’alcool et j’en ai trop versé. Donc, le pouding au riz est bon, mais une fois dilué avec encore plus de lait pour atténuer l’effet alcoolisé, je l’ai trouvé meilleur.
J’ai mentionné dans mon texte précédent que j’allais, dans le présent texte, aborder la délicate question de mon poids. De ce qu’était mon poids, plus précisément, au retour de notre traversée américaine, d’ouest en est. D’abord, voici ce qu’il en a été de notre manière de nous nourrir pendant notre périple de quelque huit jours, au cours desquels nous avons passé, il ne faut pas l’oublier, la majorité du temps assis. Plus souvent qu’autrement, nous avons pris deux repas par jour. Nous avons eu tôt fait d’investir dans l’achat d’une glacière souple –même si nous en avons déjà cinq ou six à la maison–, de deux gamelles en plastique et de deux cuillers à soupe en métal. Nous avons ensuite acheté une boîte de céréales Cherrios, à saveur originale sans sucre ajouté, et un demi-gallon américain de lait à 2% de gras. Tels étaient nos soupers quand le soir nous n’avions pas faim, chacun deux bols de céréales. Ou encore nos petits déjeuners, quand l’hôtel le matin ne les fournissait pas. Si le petit déjeuner fourni s’avérait costaud à l’hôtel, on dînait plus tard, vers quatorze heures. Quand on dînait vers quatorze heures, on n’avait pas faim pour souper, alors dans notre nouvelle chambre d’hôtel on se rabattait sur les Cherrios le soir pour ne pas avoir faim pendant la nuit. Si le petit déjeuner n’était pas fourni par l’hôtel, on pigeait dans notre provision de Cherrios, même si, la veille, les mêmes Cherrios avaient constitué notre souper.
Certains repas, quand même, ont été riches en calories, je pense au jambon de l’Himalaya, dans sa version carnée et sa version végétarienne, que nous avons mangé pour dîner Denauzier et moi dans un restaurant cajun de Victoria, en compagnie de nos amis. Cette journée-là, nous avons dîné tard, vers treize heures, et soupé tôt et sans appétit à seize heures trente –pour un ensemble de raisons essentiellement logistiques.
D’autres repas encore ont été riches en gras, les repas de burger frites, quand les gens de la place nous orientaient vers le meilleur restaurant en ville qui était en fait un restaurant fast food mais sans bannière. L’assiette géante de fajitas à Calgary a été assez difficile à digérer. Et la très épicée soupe au maïs d’un restaurant mexicain, dans la petite ville, glaciale ce jour-là, de Williston au Dakota du nord, a constitué notre climax culinaire.
Quel était mon poids à mon retour, le soir même de notre arrivée à la maison ? 137,2 livres.
– Je ne peux pas peser ça, me suis-je dit, convaincue que le pèse-personne ne fonctionnait pas correctement.
– J’aurais été bien trop serrée dans mes pantalons, c’est sept livres de plus que d’habitude, me suis-je dit ensuite.
Je suis allée faire quelques petites choses pour ensuite revenir me peser : 137,2 livres.
J’étais catastrophée.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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