Jour 937

Dans les environs de Ellensburg, WA.

Dans les environs de Ellensburg, WA. Sur l’écran de mon ordinateur, et ne serait-ce des touffes d’herbes sèches à l’avant-plan, on dirait non pas une photo –en couleurs– mais un dessin tracé au graphite.

Suivi de la chambre mal chauffée, c’était à Revelstoke, CB : la plinthe électrique a pris le dessus pendant la nuit et au petit matin nous n’avons pas eu froid en sortant de la douche. La nuit suivante, nous avons dormi dans une maison de fonction, à Calgary, qui est disponible pour le personnel de l’aviation d’une compagnie de la région.
– Il ne doit pas souvent y avoir de femmes qui dorment dans cette maison, ai-je dit à mon mari un peu pour m’assurer que je n’allais pas déranger.
– Je n’en ai jamais vu, a-t-il répondu.
– Est-ce que ça arrive que la maison soit pleine ?, ai-je aussi demandé.
– Oui, la dernière fois que je suis venu à Calgary je suis allé coucher ailleurs.
La maison héberge le personnel de l’aviation qui est en déplacement, mais pas seulement,  comme en témoigne Mike, que nous y avons rencontré. Il est un opérateur de plateformes à partir desquelles on recueille le pétrole pompé depuis les profondeurs de la terre, si j’ai bien compris. Il coordonne, plutôt, la construction des plateformes.
– Il est comme un chargé de projet payé très cher, ai-je dit ensuite à Denauzier, qui a acquiescé.
Je pensais profiter du confort de la maison de fonction pour m’installer à l’aise et écrire quelques textes bloguéens, mais après avoir tapé sans succès quatre séries de caractères qui auraient débloqué l’accès au réseau sur mon ordinateur, j’ai laissé faire et j’ai regardé l’atlas des routes américaines et canadiennes que nous avons acheté je ne sais déjà plus dans quelle ville.
Ce soir, nous dormons dans l’état du Montana. C’est mon idée, effectuer le retour dans le pays de nos voisins.
– Qu’est-ce que je ne ferais pas pour ma femme !, s’exclame mon mari, un peu content quand même de tenter l’aventure américaine.
Le taux de change ne nous avantage guère, c’est vrai, mais le diesel y est moins cher, et le nouveau camion dont mon mari vient de se porter acquéreur fonctionne au diesel. Le matin, il faut le faire démarrer quelques minutes avant d’entamer la route parce qu’il fait quand même froid, le thermomètre est descendu à -28C° ce soir pendant le trajet mais il n’y est pas resté, il est remonté à -22C°.
Notre chambre, encore une fois à bas prix, est beaucoup mieux que celle de Revelstoke. D’abord elle est bien chauffée, et elle comporte une table sur laquelle je suis installée pour écrire. Mon mari est assis sur le lit, parce qu’il n’y a pas de fauteuil. Il zappe à la recherche d’une chaîne de télévision, car la télévision fonctionne, et il a son éternel cure-dent à la bouche. Il écoute à la fois la télévision, sans le son, et une vidéo sur son ordinateur, avec le son.
– Y’a pas de char icitte, y’a que des trucks !, a-t-il constaté plus tôt dans la journée, agréablement surpris parce qu’il aime les camions.
J’ai regardé autour de nous, nous étions dans une petite communauté qui s’appelle Chester, et effectivement je n’ai pas vu beaucoup d’autos.
À peu près au même moment, sur la route –il s’agit de la route no 2 qui traverse l’état d’ouest en est–, un oiseau de proie a pris son envol et nous avons vu s’ouvrir ses grandes ailes blanches. Mon mari m’a dit que c’était peut-être un hibou.
Dans l’après-midi, comme mon mari attendait un appel important, il m’a laissé conduire. Il a reçu son appel et après je lui ai proposé de faire un petit repos. J’étais donc au volant quand nous sommes arrivés à un endroit où le foin et autres herbes sauvages, dans les teintes d’avoine, ont reçu les rayons du soleil. Il faut dire que la route 2 est entourée de plaines remplies de foin et d’herbes sauvages à peine couverts d’un fin tapis de neige. La région est aussi traversée de voies ferrées sur lesquelles des trains transportent un nombre impressionnant de wagons, de réservoirs, de conteneurs empilés l’un sur l’autre. Le soleil a donné une teinte de jaune aux champs qui s’étirent à perte de vue et j’aurais voulu les photographier pour ensuite leur appliquer un filtre jaune, une fois la photo téléversée sur mon ordinateur en format numérique. Il me semble que le résultat aurait été intéressant. Ce sera pour une autre fois.
Quand on entre dans les petites agglomérations du Montana, on trouve dans chacune, avant l’enfilade de commerces –appartenant au domaine du fast food pour la plupart– un très haut silo à grains. J’espère en trouver quelques échantillons dans les agglomérations qu’il nous reste à traverser, avant d’entrer dans le Nord Dakota demain.
– Si je n’en trouve pas, ai-je demandé à Denauzier, est-ce qu’on pourra revenir sur nos pas ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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