Jour 938

Le soleil sur un pic enneigé.

Le soleil sur un pic enneigé.

Nous voyageons en classe économique et pas seulement dans les avions. Ce soir, je porte mon manteau pour écrire mon blogue. Je bois une bière à même la canette parce qu’il n’y a pas de verre dans notre chambre d’hôtel. J’ai éteint les lumières, les plus dérangeantes je veux dire, parce qu’elles sont de technologie LED et installent une atmosphère glaciale, alors que c’est déjà justement glacial. La petite plinthe électrique n’arrive pas à réchauffer la pièce, pourtant pas très grande. Nous sommes au Alpine Inn dans la ville de Revelstoke, en Colombie Britannique. C’est un village touristique grouillant de jeunes qui viennent sur les monts se lâcher lousse en planche à neige. Ils sont beaux à voir, déambulant en groupe dans les rues du village. Denauzier aurait souhaité écouter le hockey pendant que j’écris mon blogue, mais le nombre de chaînes disponibles est très limité et l’affichage n’est pas en haute définition, alors c’est difficile de suivre la rondelle.
J’aime expérimenter ces conditions disons non luxueuses, elles me rendent solidaires des réfugiés syriens et de tous ces gens qui vivent dans la pauvreté et le dénuement.
Lorsque nous sommes allés visiter les chutes Niagara, il y a deux ans, nous nous sommes retrouvés dans une chambre très très très moyenne, sombre, qui donnait sur une cage d’ascenseur bruyante. Je disais à mon nouveau mari, à l’époque, que les Gazaouis auraient vécu à vingt dans cette chambre, heureux d’être en sécurité. C’était l’époque, en effet, en juillet et août 2014, du concentré de bombardements d’Israël sur la bande de Gaza –qui ont touché majoritairement des civils.
Le temps fort de notre voyage jusqu’à présent, le point culminant, c’est le cas de le dire, a été notre traversée de ce que les Américains appellent un pass. Un pass, c’est une portion de route coincée entre les flans des montagnes, c’est la route tel un corridor soumis aux intempéries que lui réserve la vallée. Nous étions dans l’état de Washington et le pass dans lequel nous nous sommes aventurés s’appelle le Snoqualmie, dans les montagnes Wenatchee. Il s’étend sur plusieurs kilomètres et nous fait atteindre quelque mille mètres non négligeables d’altitude. Plus on montait, plus il neigeait. Pour faire une histoire courte, nous nous sommes arrêtés au premier hôtel pas trop miteux, à la sortie du pass, pour ménager un repos au conducteur et poursuivre l’aventure le lendemain, à la clarté et sans le blizzard. La chambre de cet hôtel pas trop miteux était mieux chauffée que celle de ce soir, mais la connexion internet était tellement lente que finalement je n’ai pas écrit mon blogue et je n’ai envoyé aucun courriel à tantine. La télévision, elle, fonctionnait très bien, à tel point que celle d’une chambre voisine a tenu mon mari éveillé une bonne partie de la nuit.
En Floride, cela me revient, c’était en mars 2015, nous avons loué une chambre dans un hôtel où il manquait deux poignées de porte.
Décidément, je suis négative, ce soir. Dans un autre hôtel floridien, situé celui-là à Lewiston, j’avais pris des photos de reproductions du peintre Odilon Redon qui ornaient les vieux murs couverts de papier peint au motif floral. Dans un exercice d’écriture à venir, je tenterai de revenir sur nos chambres d’hôtel avec plus d’enthousiasme.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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