Jour 950

À la prochaine journée de mauvais temps, je vais couvrir mon canevas en forme de bandeau de format 5"X28", qui est déjà bleu pour avoir reçu des restants d’acrylique il y a longtemps, je vais couvrir ce bandeau de lignes noires d’un bout à l’autre. Les lignes très fines vont former des boucles et des courbes qui vont s’entrecroiser. Je vais faire attention pour qu’il n’y ait pas de surcharge. Je vais tracer les lignes avec application, en prenant mon temps, pour qu’elles soient très noires, racées. Je verrai ensuite si je veux ajouter quelque chose. Il n’y aura pas de sapin de Noël, pas de cerises en forme de perles portant en leur centre une goutte de rose. Que des lignes noires, féminines à cause des courbes. Si le résultat me plaît, je vais couvrir d’un mélange de bleu l’autre bandeau actuellement couvert du sapin de Noël, et je vais tracer la même sorte de lignes à la grandeur du canevas mais en brun, le brun qui avait trop d’eau cette semaine quand je l’ai utilisé, et qui devrait en avoir moins la journée qu’il fera mauvais temps et que je l’utiliserai, car avec le temps la portion aqueuse des produits s’évapore.
Voilà.
Je me prouve, par l’écriture des lignes ci-dessus, que j’ai enfilées d’une traite, qu’il m’arrive d’être capable de décider des choses.
Pour la première fois depuis des mois, je porte un chemisier, une jupe, des collants, des chaussures à talon. Cela contraste avec ma tenue de travail portée aujourd’hui, en ce sens que j’ai cordé du bois pendant un bon quatre heures ce matin et cet après-midi. Je portais des vêtements pas rapport avec mes vieilles basquettes, une tuque même s’il ne faisait pas froid et des gants de travail, des nouveaux, que m’a rapportés d’Edmonton mon mari en cadeau. Ils sont très beaux, de couleur corail. Ils sont déjà moins beaux maintenant que je les ai portés pour corder. Ce soir, je porte une jolie tenue pour aller souper chez la maman de mon mari. Je porte une jolie tenue pour vérifier que mes vêtements de travail, de travail à l’université autrefois, me font encore. Ils me font encore. Je porte des vêtements féminins pour faire changement. Je porte ces vêtements pour continuer d’avoir le tour de les porter, pour ne pas oublier de quelle manière je dois les assortir.
Je porte ces vêtements, et les portant j’ai eu envie de me maquiller, alors j’ai mis du fond de teint, du crayon de couleur chair sur mes paupières, du rouge sur les joues et de la poudre autobronzante. Si je trouve mon rouge à lèvres quelque part, il est dans les teintes de rose, je vais m’en appliquer sur les lèvres, même si je vais l’enlever à peine arrivée chez belle-maman puisque nous allons manger. J’enlève effectivement mon rouge à lèvres avant de manger, je ne connais pas beaucoup de femmes qui font de même, mais j’en ai connu une, maintenant décédée, à savoir la maman de Jacques-Yvan.
Voilà (bis).
J’ai écrit aujourd’hui d’une traite sans réfléchir, pour changer des journées pendant lesquelles je deviens prisonnière de mon mental à force de trop réfléchir. Je me suis abandonnée aux mots.
Cela m’a fait du bien.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s