Jour 949

Résultat du travail d'hier 16 novembre 2016.

Résultat du travail du 16 nov. 2016.

Je ne vais pas couvrir de bleu le bandeau que j’ai parsemé récemment de protubérances qui font penser à des chapeaux mexicains. Je pensais à cette journée récente que j’ai passée à peindre en attendant une idée, une orientation, en surveillant quel allait être le geste spontané –qui n’est jamais venu– qui m’aurait guidée vers un thème à exploiter. Je pensais à ça hier soir dans mon lit alors que je n’étais pas capable de m’endormir. Je ne vais pas le couvrir de bleu et peindre quelque chose d’autre par-dessus. Je vais conserver le bandeau tel quel par tendresse, par égard pour moi et pour mes efforts incessants, qui n’ont rien de valeureux car ne pas me mettre en situation d’efforts incessants, je deviendrais probablement dépressive. Étais-je dépressive, d’ailleurs, cette journée de grand vide qui s’est soldée par des sombrero ? Je consultais une revue d’art récemment et je n’en revenais pas qu’aucune idée cette journée-là ne se soit présentée à mon esprit alors que le monde entier fourmille d’une multitude d’idées !
Je voudrais intituler cette toile En vain, ou encore Sombre héros, déformation de Sombrero, mais la toile n’a rien de sombre avec ses couleurs –que je trouve joyeuses– et le jeu de mots est trop niaiseux pour être retenu. J’ai mentionné dans un texte précédent que j’avais deux bandeaux couverts de bleu, de même format, et que le deuxième serait couvert de fines lignes noires dont les boucles allaient s’entrelacer, se croiser, s’embrasser, s’aimer, s’accueillir l’une et l’autre. Je me suis donc installée devant le deuxième bandeau, c’était hier en après-midi pendant une petite demi-heure. Mon mari était au téléphone. Nous étions de part et d’autre au repos, entre deux séances de cordage de bois. Mon mari était au téléphone avec un ami et j’étais quant à moi en présence de mon ami pinceau. J’ai dirigé ma main vers le contenant d’acrylique noire, mais ce faisant mon regard est tombé sur un contenant de couleur vert kaki. Et, au lieu de m’en tenir à ce que j’avais prévu faire, c’est-à-dire travailler avec du noir, je me suis mise à tracer une ligne vert kaki avec grande application. C’est mon principal défaut, la grande application, et je ne fais rien pour l’atténuer, on dirait au contraire que je l’exploite de plus en plus. J’ai tracé une ligne qui traverse toute la largeur du bandeau et qui est faite de boucles et de petits monticules. Elle est aussi agrémentée de pics de crème fouettée, de vagues à la surface de l’eau, et de lettres. Quand j’ai vu que je me mettais à tracer des lettres, et répétant en cela l’expérience du sombrero, je me suis dit Oh ! non, pas des lettres, comme si ma volonté était impuissante face à ma main traçante. J’ai d’abord obtenu les deux lettres e r, en minuscules, et pour créer un équilibre j’ai inséré d’autres lettres, à savoir b, i, t et quelque chose qui ressemble à un j mais sans le point. Après avoir publié ce texte, je vais donner une couche supplémentaire de kaki sur ladite ligne, et je vais en tracer une autre d’une autre couleur, et je vais procéder ainsi tant que le cœur me le dira.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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