Jour 957

Le beau mari de Marion Cottillard

Àlex Brendemühl, le beau mari espagnol de Marion Cottillard

Ayant lu dans les journaux que la rue Émery avait été réaménagée, j’ai voulu me rendre au Cinéplex du Quartier-Latin pour voir la rue, et un film. La rue m’a semblé davantage repavée que réaménagée. Mais si les six arbres qui ont été plantés réussissent à pousser, ce sera peut-être beau en été dans plusieurs années. Je suis allée voir un film au Quartier-Latin mais je ne savais pas lequel choisir. J’hésitais entre Ce sentiment de l’été, et Mal de pierres. Pendant que j’attendais en file que ce soit mon tour à la billetterie, je penchais vers le Mal de pierres parce qu’il est aussi à l’affiche au festival Cinémania et que j’ai aimé aller au festival Cinémania. Mais je n’avais pas envie de voir un film triste parce que j’étais triste moi-même, et je craignais que Mal de pierres ne soit triste.
– J’hésite entre Mal de pierres et Ce sentiment de l’été, ai-je dit à la jeune fille quand ce fut mon tour de m’acheter un billet.
– Je ne les ai pas vus, m’a répondu la jeune fille, mais mon collègue, qu’elle m’a montré en pointant son bras vers la gauche, a vu Mal de pierres.
J’avais remarqué que le collègue était sympathique, il faisait des blagues avec les clients et son visage était naturellement souriant.
– Qu’est-ce qu’il y a ?, a-t-il demandé comprenant qu’on parlait de lui.
– Tu as vu Mal de pierres, n’est-ce pas ?, a demandé la jeune fille.
– Madame, m’a répondu l’homme, n’allez jamais voir ça.
Il y avait un client devant lui et plusieurs derrière moi, alors je n’ai pas posé de question et j’ai acheté un billet pour Ce sentiment de l’été.
Tant qu’à adopter le choix de quelqu’un d’autre, à défaut d’être capable de choisir moi-même, autant adopter ce choix en ayant la foi, sans poser de question. Je me suis donc dirigée vers la salle 12 où était projeté Ce sentiment de l’été, pour me retrouver dans une salle vide.
– Des gens vont arriver, me suis-je dit, sans y croire, pour m’encourager parce que je n’avais pas envie d’être seule.
Les publicités ont défilé, les annonces d’autres films à l’affiche ont défilé et, j’avais raison, personne n’est arrivé. Alors j’ai changé de salle et je suis allée voir Mal de pierres, qui était projeté sur le même étage. Il y avait des gens dans la salle, cela m’a réconfortée, je me suis assise comme je le fais souvent sur le premier fauteuil du bord, et j’ai enfin relaxé, n’ayant plus à me poser de questions.
– Bon pas bon, triste pas triste, je reste, ai-je été capable de décider.
Pendant le premier dix minutes, j’ai essayé d’évaluer qui avait raison entre le caissier de la billetterie qui m’avait suggéré de ne surtout pas voir ce film, et la revue du festival Cinémania qui en faisait l’éloge. Bien entendu il faut faire attention, dans les revues des festivals les articles sont un peu exaltés, on n’écrira pas que le film a été mal reçu, on va écrire que dans ce film de Nicole Garcia, Marion Cotillard offre la meilleure prestation de sa carrière. Ce genre de chose. J’ai penché assez rapidement du côté de ce genre de chose. J’ai adoré le film.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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