Jour 956

Mazarine Pingeot. Elle s'habille aussi bizarrement que moi.

Mazarine Pingeot, écrivain. Nous avons en commun de nous habiller bizarrement.

Ce sentiment de l’été était présenté hier vendredi pour la première fois au Quartier-Latin. Je découvre aujourd’hui en parcourant le site Web qu’il s’agit d’un film qui ne porte sur rien, qui nous transporte de ville en ville et d’image en image sans trop d’action. C’est un film qui exploite la langueur, le non-dit, et qui vaut amplement le déplacement.
– Mince !, me suis-je dit. Avoir su…, me suis-je dit encore (1), déjà encline à regretter n’avoir pas écouté le caissier de la billetterie, puis me ravisant en me rappelant que Mal de pierres était excellent.
– De toute façon, me suis-je dit encore (2), je peux aller le voir aujourd’hui –en parlant d’aujourd’hui samedi.
– Mais si je vais voir ce film au Quartier-Latin aujourd’hui samedi, ne vais-je pas rater quelque chose de meilleur du festival Cinémania ?, me suis-je dit encore (3).
Je suis donc allée consulter la programmation du festival, pour me rendre compte que le film présenté en après-midi aujourd’hui samedi est L’économie du couple, qui ne semble pas aborder un thème joyeux.
– Qu’est-ce que je devrais faire ?, ai-je demandé à Emmanuelle. Aller voir Ce sentiment de l’été qui porte sur le non-dit, ou L’économie du couple qui porte sur la rupture ?
– Je ne sais pas, a répondu ma fille.
– Je fais chauffer de la soupe, en voudrais-tu maman ?, a-t-elle ajouté, annulant par sa question la possibilité d’aller voir Ce sentiment de l’été parce que je voulais de la soupe alors qu’il aurait fallu que je parte immédiatement sans même me brosser les dents.
– Je n’en peux plus, ai-je conclu.
– Qu’est-ce qu’il y a ?, a demandé ma fille.
– Il y a que L’économie du couple a été écrit en partie par Mazarine Pingeot. Regarde, ai-je montré à Emma en lui faisant signe de venir consulter mon écran. Il est écrit que Mazarine Pingeot est au nombre des scénaristes.
– Ah bon. C’est qui ?
– Bien c’est la fille naturelle de François Mitterrand, ai-je répondu, surprise que ma fille ne soit pas au courant.
– C’est qui ?
– Bien je viens de te le dire, c’est la fille de
– Non, je veux dire François Mitterrand, c’est qui ?
– Au secours Emma ! Tu ne connais pas François Mitterrand ? C’était le président de la République française, son mandat a duré deux septennats, mais au cours du deuxième il a été diminué par le cancer.
– Président de la République…, a commencé Emma.
– C’est comme si je te disais Trump aux États-Unis. Mais un Trump de gauche en France. C’est comme si je te disais Clinton, tiens, ce bon vieux Bill.
– Ou Obama, alors, a suggéré Emma.
– Exact, mais en France, ai-je conclu.
– Donc, qu’est-ce que je fais ?, ai-je poursuivi.
– Tu manges ta soupe, m’a répondu Emma en me tendant le bol qu’elle avait fait chauffer.
– Je ne sais pas si c’est la même chose pour toi ?, m’a dit mon amie hier soir.
Nous étions elle et moi devant un excellent repas indien d’un restaurant de la rue Jean-Talon.
– En vieillissant, a-t-elle poursuivi, je ne suis plus capable de rien décider…
– À qui le dis-tu !, me suis-je exclamée. Je n’ai pas été capable de décider quel film je voulais aller voir cet après-midi, c’est le caissier qui…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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