Jour 962

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La toile de Patrick Herzig dont je me suis inspirée.

– Tu as dû faire un drôle de rêve, m’a dit mon mari ce matin. Tu t’es mise à gesticuler à un moment donné. Tu bougeais les bras comme si tu voulais te protéger d’une attaque. Je t’ai demandé si tout allait bien et tu n’as pas répondu, tu dormais.
Sur le coup, je ne me suis pas rappelé de mon rêve. Mais maintenant que je suis assise dans mon bureau, devant mon ordinateur, je m’en rappelle.
J’ai rêvé que Jacques-Yvan me donnait rendez-vous dans un hôtel où il n’y avait que des hommes. Je devais passer par une entrée, assez jolie, qui était peinte en jaune, pour emprunter un escalier. Une belle plante verte en pot de grès égayait l’endroit. Arrivée au premier palier, je croisais des hommes nus qui marchaient dans le corridor pour se rendre à la douche. Ils étaient jeunes, beaux, minces, musclés. Je devinais qu’ils venaient de terminer une activité sexuelle. Grâce à un dispositif visuel, comme on en voit à la télévision, leur pénis était brouillé, c’était la seule partie du corps que je ne voyais pas. Au moment d’entrer dans la chambre où m’attendait Jacques-Yvan, je tombais sur Denauzier. Il était la seule personne habillée. Il portait des vêtements de travail que je ne lui  connaissais pas, notamment des pantalons amples de couleur chair –la récurrence de la couleur de la nudité. Il passait le balai, dans le corridor, et ne me regardait pas entrer, il regardait le balai. Mais il savait que je le voyais. Je ne pouvais pas croire que j’allais le tromper, j’obéissais à un ordre, ce n’était pas de gaieté de cœur que j’entrais dans la chambre, d’autant que Jacques-Yvan ne m’y attendait pas pour me faire l’amour, mais pour me battre. C’est-à-dire qu’à ses yeux, me faire l’amour consistait à me battre.
Je quittais les lieux dangereux où m’attendait Jacques-Yvan et me retrouvais assise à une table, dans une salle à manger, devant une assiette qui contenait de la gélatine aux fruits, au citron peut-être, puisque la gélatine était jaune –la récurrence du jaune après l’escalier jaune. J’avais de la difficulté à faire glisser la gélatine dans ma cuiller, elle bougeait d’elle-même en se déplaçant dans l’assiette. En m’approchant, je découvrais que la petite bouchée jaune qui sautillait était un père Noël, dont le physique enrobé me faisait bien sûr penser à mon mari. Je profitais d’une distraction du Père Noël pour le ramasser prestement dans ma cuiller et je le portais à ma bouche en l’aspirant. Il descendait dans mon œsophage en me procurant une sensation bienfaisante de fraîcheur et de saveur vitaminée.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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