Jour 963

dsc_3503

Nature morte à la nappe rayée

Mon rêve de la nuit dernière était pas mal plus intéressant que ceux, récents, que j’ai connus autour du thème du cancer. Cette fois-ci, le thème, c’était mon mari. Il avait d’autres femmes dans sa vie. Il était victime de son succès, en ce sens que les femmes lui couraient après parce qu’elles se rendaient compte à quel point il était sensuel, alors qu’il ne se rendait pas compte, de son côté, de ce pourquoi les femmes lui couraient après. Pas folle, je ne lui précisais pas la raison de son succès. J’étais jalouse, mais pas vraiment. J’étais compréhensive. Je comprenais les autres femmes de s’intéresser à mon mari, mon homme, mon choix. Mais je ne voulais pas le partager.
– Devrais-je exiger qu’il ne soit qu’à moi ?, était alors ma question. De telles questions existentielles, philosophiques, ne se résolvent pas d’elles-mêmes, dans les rêves que je fais. Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre répondraient non, si je me fie à la manière dont ils ont vécu. Mais furent-ils heureux ? Alain Robbe-Grillet, idem, et Catherine répondraient non. Mais si Alain n’avait pas eu de problème d’impuissance, en aurait-il était autrement ? Pouf.
Je me suis levée vers 9h30. J’ai passé un peu de temps à observer ma toile, en buvant mon café. Puis, je suis allée vers 11 heures couper un grand nombre de branches chez tantine. Heureusement, les pattes d’ours était là pour m’aider.
De retour à la maison vers 17 heures, et constatant que mon mari était occupé, je me suis lancée dans ma toile. Je voulais résoudre le problème de l’arrière-plan, en haut à droite. Je voulais résoudre le problème de l’arrière-plan dans l’esprit de Picasso. Il aurait alors fallu que je crée des ombres et que je leur accorde une existence autonome, et ces ombres auraient à leur tour donné naissance à d’autres formes qui se seraient superposées sur la toile de manière géométrique. Malheureusement, je sentais que j’allais m’orienter vers une approche de type vitrail, selon laquelle je trace des masses de couleur que je sépare avec de généreuses lignes de noir pour représenter le plomb.
– Je ne vais pas me lancer dans le vitrail, ai-je dit à ma main qui s’apprêtait à tracer la première forme. Picasso ne s’intéresse pas au vitrail, ai-je ajouté, comme si cela allait changer quelque chose au mouvement de ma main qui prenait plaisir à étaler du vert et qui avait décidé que la prochaine couleur serait du jaune.
– Mince, ai-je simplement exprimé, déjà docile et soumise au désir de ma main.
– Une chose est sûre, ai-je cependant ajouté, parlant davantage à moi-même cette fois qu’à ma main, je ne vais pas modifier la partie supérieure gauche, je la laisse telle quelle, je désire qu’on continue de voir le fond initial sur lequel j’ai travaillé.
J’ai été capable de respecter cette affirmation.
J’aime particulièrement la ligne marron, à l’extrême gauche, au-dessus de la masse noire, qui vient s’échouer dans la queue de la poire. Parce qu’il y a une poire dans la coupe de fruits. Je suis vraiment contente du résultat, à tel point que j’ai signé ma toile, mais ça ne paraît pas sur la photo parce que j’ai signé après l’avoir photographiée.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Une réponse à Jour 963

  1. Jacques Richer dit :

    J’aime moi aussi :O)
    Bravo!

    J’aime

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s