Jour 976

La résidence universitaire de Cuques à Aix-en-Provence.

La résidence universitaire de Cuques à Aix-en-Provence.

J’ai rêvé que deux chiens Doberman glissaient leur museau entre les portes laissées entrouvertes d’un petit espace tranquille où je me tenais dehors, attentive soit à un autre animal couché à mes pieds, soit à des plantes.
La référence aux portes entrouvertes provient peut-être des informations récentes au bulletin de nouvelles selon lesquelles des étudiantes se sont fait agresser dans leur résidence à l’université, et dont il a été dit qu’il leur faudrait verrouiller leur porte en tout temps dorénavant. Moi qui ne les verrouille jamais, je vivrais malheureuse dans cette résidence, ou dans toute résidence universitaire de nos jours, alors que j’y ai été tellement heureuse à Aix-en-Provence il y a trente ans.
L’espace derrière les portes laissées entrouvertes, dans mon rêve, était teinté d’orangé et de brun doux, peut-être en raison de la couleur des feuilles qui commencent à ressembler à de la rouille à ce temps-ci de l’année. Dans mon environnement campagnard, depuis quelques jours, il y a une explosion de jaune et de rouille.
J’étais debout, dans le silence, paisible, vêtue d’une veste de laine elle aussi dans les teintes automnales.
La référence aux chiens provient de nos nouveaux voisins qui sont les maîtres de deux Doberman dont nous ne savons pas encore s’ils sont gentils ou agressifs.
Je ne pouvais pas m’enfuir puisque l’endroit où je me trouvais était entouré de clôtures. Alors, les jambes tremblantes, je laissais les deux chiens s’approcher de moi, en me disant que si je me faisais attaquer, nous aurions de bonnes raisons de nous plaindre auprès des autorités du village. Ou encore, sachant que les autorités du village risquaient de ne pas s’occuper de notre problème, nous aurions de bonnes raisons de tuer les chiens en les empoisonnant, ni vu ni connu, ou de poursuivre leurs maîtres pour plusieurs milliers de dollars pour compenser la perte de jouissance causée par une chirurgie plastique au visage, etc.
Un des chiens, le suiveur de taille un peu plus petite, ne venait pas vers moi. Mais l’autre oui, le meneur. Il me flairait en frottant son museau sur mes cuisses et en émettant des grognements qui ne me faisaient pas peur, finalement.
Mon rêve s’arrête là.
Ma première interprétation, à mon réveil, a été de penser que l’animal, découvrant que j’étais une bonne personne, m’avait acceptée. C’est l’interprétation de proximité qui gravite exclusivement autour de moi. Puis, approchant mon rêve en ne faisant pas de moi le sujet principal, je me suis dit que c’est l’animal qui, bon de nature et n’ayant rien à craindre de moi, acceptait ma présence. C’est l’interprétation de distance moyenne qui tient compte d’un deuxième protagoniste, à savoir le chien meneur. Enfin, dans une approche encore plus éloignée des faits et gestes qui se produisaient dans mon rêve –moi qui tremble et le chien qui flaire en grognant–, je me suis dit que la peur n’est jamais bonne conseillère et que, malheureusement, elle intervient trop souvent dans nos vies. C’est l’interprétation avec distanciation qui élève le sujet rêveur au-delà des faits et gestes pour privilégier la réflexion.
Ma nouvelle théorie du sujet dormeur rêveur s’arrête là.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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