Jour 978

Un imprimé digne de la plus élégante nappe.

Un imprimé de prestige capté au Jardin botanique.

Je devrais peut-être me mettre à la lecture de Christian Bobin, à la place de Fanny et de Nathalie. Parce que Fanny pratique la critique sociale et que Nathalie pratique la critique artistique et sociale, et qu’elles sont féministes toutes les deux, alors que je ne suis pas féministe et que je me sens étrangère à leur manière de percevoir le monde puisque je ne critique rien moi-même. Christian Bobin, pour sa part, est un poète, il écrit des textes courts –des fragments lui aussi– imprégnés de sa foi chrétienne, mais d’une foi qui ne préconise pas pour autant les pratiques religieuses de l’église. Bibi a de lui quelques livres à la maison, je pourrai lui en demander pour le découvrir.
Je me sens imprégnée d’amour et de reconnaissance, c’est peut-être ça, avoir la foi. Mais envers qui suis-je reconnaissante ? Envers la vie, de manière fort abstraite. Est-ce qu’il faudrait que ce soit envers quelqu’un ? Une instance ? Une puissance ? Est-ce que j’y suis pour quelque chose, dans cet état de grâce qui m’habite ? Est-ce que je suis habitée par cet état de grâce selon l’adage que l’on récolte ce que l’on sème ? Serais-je habitée par cet état de grâce à l’âge que j’ai maintenant avoir vécu une autre vie ?
Avec toutes ces visites qui ont été les miennes pendant ma semaine montréalaise, je n’ai guère avancé du côté de mes lectures. Je n’ai même pas feuilleté mes trois revues d’art achetées 25¢ chacune au marché aux puces de l’église de NDG. Je me disais, à chaque fois que je mettais le pied dans le métro et dans l’autobus, que j’avais une fois de plus oublié mes revues pour me tenir compagnie pendant le trajet. Je n’ai pas lu Fanny ou très peu, une page ou deux, un soir ou deux. Et j’ai lu Nathalie samedi soir, de retour à la maison, seule dans mon grand lit, mon mari n’étant pas encore revenu de la chasse. Il est revenu dimanche, bredouille d’orignal.
Je découvre cependant avec plaisir la nature de certaines personnalités, à travers la plume de Nathalie, plus précisément à travers le portrait d’un tel ou d’une telle qu’elle brosse avec justesse, il me semble.
Ce sera néanmoins Simone que je retrouverai avec le plus de plaisir, peut-être demain puisque demain on annonce de la pluie et que je ne déploierai pas mes forces, comme je l’ai fait aujourd’hui, à déraciner des herbes et à couper des érables qui se propagent dangereusement vite sur le terrain de tantine. J’ai passé quatre heures chez tantine, seule, elle était partie à Joliette en après-midi. Quatre heures au soleil, ne portant même pas ma veste car après cinq minutes d’effort j’avais déjà trop chaud. Quatre heures au soleil en chemise, mais à manches longues.
Simone est féministe, mais je me sens plus proche de sa sensibilité que de celle des deux auteures ci-nommées. Simone partage ses connaissances en se plaçant elle-même, auteure, derrière les mots. Elle ne recherche pas les effets de style, elle réfléchit et nous transmet les résultats de ses réflexions en désirant que ce soit la matière même de sa réflexion qui prime, et non la manière de la transmettre.
Donc, demain, je vais y aller pour quelques pages du Deuxième sexe.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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