Jour 979

Incroyable. Je tape Combinatoire II clouâtre dans Google et je tombe pile sur la toile de mon ami, dont le vrai titre est Combinatoire floue. S'il ne l'a pas vendue, j'aimerais l'acheter.

Je retourne à la maison avec ma nouvelle toile, Combinatoire floue. Elle est d’assez grand format, 30"X40".

Je suis une bien piètre mémorialiste. Je me rappelle maintenant comment s’est décliné l’après-midi de samedi, jour deux de mon séjour montréalais : je suis allée à Joliette à une fête familiale, un aller/retour, pour faire plaisir à la personne fêtée, et à mon frère qui organisait la fête. Emma ne pouvait pas rester longtemps, elle avait un examen le lendemain dimanche. Elle a étudié dans la voiture au retour et bien sûr à la maison en soirée. Nous y sommes allées trois femmes, comme pour la visite au musée. Une faisait dodo à l’arrière, Emma me racontait ses cours de mécanique, d’algèbre et de biochimie, pendant que je conduisais. Donc, l’après-midi ne fut pas occupé à écouter des épisodes de Once Upon a Time, mais à rouler, manger, parler, rouler encore. J’avais mal à la tête parce que j’étais trop fatiguée. Alors j’ai peu mangé, je n’ai bu que de l’eau minérale, et parler a exigé des efforts.
– Qu’est-ce que je vais faire ce soir à la fête des amis si je ne retrouve pas la force de parler ?, me suis-je demandé presque tout le long du trajet du retour.
Une chose cependant m’a fait du bien : mon frère Swiff, où avait lieu la fête, m’a offert un hygromètre. Il se rappelait que j’en cherchais un en début de saison. Il a plus de mémoire que moi !
J’écris mes petites histoires d’un quotidien dans lequel il n’y a pas vraiment d’histoire, là où Nathalie rencontre des personnalités et là où Fanny dégage une énergie sauvage et explosive autour d’événements tragiques, un suicide dans le fragment que j’ai lu hier. Je lis Nathalie, je lis Fanny, et je continue d’écrire sur un ton égal que la vie est belle et que je suis reconnaissante auprès de je ne sais quelle instance d’être vivante et en bonne santé. C’est ce qui fait que, de dix-sept abonnés Twitter, je suis passée à seize !
Finalement, chez les amis du samedi soir, je m’en suis bien sortie, sans mal de tête et sans ressentir d’effort quand j’ai parlé. Et le dimanche ce fut le musée, précédé d’un café avec une des deux femmes qui m’accompagnaient. Et j’arrive au lundi, journée entièrement consacrée au Jardin botanique. J’ai pris des photos, j’ai tout admiré, j’ai passé la journée à parler avec les amis. En fin d’après-midi nous avons quitté le jardin, pour aller souper et y revenir découvrir la magie des lanternes qui m’ont plus ou moins épatée mais au moins maintenant je sais ce que c’est.
– Tu es chanceuse de visiter les lanternes un soir qu’il n’y a pratiquement personne, m’a indiqué mon ami, alors que je trouvais que nous étions bien trop nombreux sur l’étroit parcours.
J’écris aujourd’hui des textes gnagna, mais pourtant j’ai écrit pas mal wild, à un moment donné, en 1994, quand mon recueil de nouvelles érotiques La zébresse a été publié. Ça me rassure. Ça veut dire que je peux faire les deux, sage et wild. J’étais allée justement visiter le Jardin botanique en 1994, en compagnie d’une amie française qui était en visite chez moi. Je n’avais rien goûté, rien vu, rien senti, rien respiré des beautés du jardin. J’étais envoûtée par un homme à cette époque et je le voyais partout, jusque dans les rainures de gravier du jardin zen. Quelle visite ai-je préférée, celle d’il y a plus de vingt ans alors que je me traînais d’un secteur à l’autre du jardin dans le manque et la souffrance, ou celle récente où je me suis extasiée ? La réponse va de soi, il me semble.
Je n’écris pas wild, en tout cas pas sur mon blogue, mais je pense que si on me payait pour le faire, pour produire un nouveau recueil, admettons, je le ferais.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

2 réponses à Jour 979

  1. Jacques Richer dit :

    Combien demanderais-tu?

    J’aime

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