Jour 987

À propos du travail d’équipe et de la grande famille unie au sein de laquelle tout le monde s’entraide. Nous étions hier en moto faisant un détour pour nous rendre chez tantine. C’était la fin de l’après-midi, au soleil, dans les montagnes colorées de jaune, de rouge et d’orangé. Je me sentais privilégiée d’être vivante dans un si beau décor. D’être libre et vivante et aimante. Tantine était chez elle. Quand elle nous a vu arriver avec nos accoutrements, elle a compris qu’on ne faisait qu’un saut pour la saluer et, en ce qui me concerne, pour lui donner des cartes que j’avais achetées pour elle, des cartes de remerciements destinées aux gens qui ont assisté aux funérailles de son mari.
– Elles ne sont pas géniales, ai-je dit à tantine, mais les photos reproduites m’ont fait penser à la région de Lanaudière et, en ce sens, c’est quand même approprié. C’est difficile à trouver, ai-je ajouté comme s’il était nécessaire que je me justifie.
– Elles sont parfaites, a répondu tantine sans trop les regarder. Combien je te dois ?, a-t-elle ajouté.
– Tu me dois le souper que j’ai pris ici le week-end dernier, et le dîner. Autrement dit, tu ne me dois rien, c’est moi qui te dois quelque chose pour toutes les fois que je mange chez toi.
– Il n’en est pas question. Je te dois combien ?, a-t-elle insisté. Si tu commences à faire des courses pour moi sans me permettre de te payer, je vais être de plus en plus mal à l’aise et je ne te demanderai plus rien.
– Dans ce cas, ai-je répondu, tu me dois…
Les cartes n’avaient pas coûté cher et je n’avais pas envie que tantine me donne de l’argent, alors je cherchais qu’est-ce que je pourrais bien lui demander.
– Voudrais-tu mon pâté au poulet ?, a-t-elle suggéré. Je pensais le préparer pour souper mais finalement j’ai changé d’idée.
– Ce serait très bien, le pâté au poulet !, me suis-je exclamée.
– Où vas-tu le mettre ?, s’est-elle inquiétée, en jetant à nouveau un regard sur mon habit de scaphandrier.
– Dans le compartiment le long de la moto, il y a une sacoche rigide.
– Mais qu’est-ce que tu vas faire avec ?, a-t-elle ajouté. Tu t’en vas souper chez les grandes pattes.
– Bien justement, ai-je répondu. Je vais le lui donner !
– Excellente idée, a répondu mon frère qui se tenait debout derrière moi.
– Donc, je te donne un cadeau que tu donnes à ton tour, a conclu tantine.
– Bien oui, travail d’équipe !, ai-je répondu.
– D’accord, a acquiescé tantine.
Elle est partie chercher le pâté dans sa cuisine. Pendant ce temps, de la terrasse, j’ai observé le terrain pour mesurer ce que j’avais fait le week-end dernier et ce qu’il me reste à faire. Il m’en reste beaucoup à faire. Comme s’il lisait dans mes pensées, mon frère m’a dit :
– Je viendrai t’aider. Je déteste ça, râteler et charroyer à la brouette, mais à deux c’est mieux.
Sur ce, tantine est arrivée avec le pâté. Nous nous sommes embrassées et je suis retournée vers la moto. Denauzier, me voyant me diriger vers lui, m’a dit :
– Je viendrai t’aider, pour le terrain, il y en a beaucoup à faire.
Sur ce, forte de mes liens fraternel et matrimonial, je me suis installée derrière mon mari et nous sommes allés souper, en famille.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s