Jour 992

Portes et mur accent.

Portes et mur accent.

À l’extrême gauche, sur la photo, on aperçoit, retenu par le thermostat à l’entrée de mon bureau, le tablier rouge qui appartenait à François et que je porte quand je peins des toiles. Il est adapté à ma nouvelle vie avec mon mari chasseur et pêcheur car il est couvert d’un motif d’orignaux.
Juste à côté du tablier se trouve le côté d’une bibliothèque sur lequel sont collés des dessins qu’a faits Emma lorsqu’elle avait trois ou quatre ans. Pour les conserver, je les ai fait plastifier.
Un peu plus à droite, le long de l’encadrement des portes, on trouve une tuile de faïence déposée sur le thermostat, et une toile représentant un bouquet de fleurs au-dessus d’une affiche bleue. La tuile m’a été donnée par une amie du sud de la France que j’ai hébergée lors de son séjour au Québec. Je crois qu’elle est l’œuvre du céramiste potier Houchang Vahdat originaire du Vaucluse. C’est extraordinaire parce que ça fait plus de vingt ans que j’ai reçu cette tuile et c’est la première fois que je prends la peine d’en retracer l’origine à partir de la signature qui y apparaît. C’est extraordinaire aussi qu’elle ne soit jamais tombée car elle a toujours vécu sur un thermostat, du temps de ma vie avec Jacques-Yvan, de ma vie seule lors de ma séparation, de ma vie avec chouchou sur Wilson, et maintenant ici à St-Jean-de-Matha.
La toile qui est clouée au mur au-dessus de l’affiche est l’œuvre d’une amie voisine, du temps que Denauzier habitait en Abitibi dans la ville de LaSarre, donc longtemps avant que je le connaisse. L’artiste se prénomme Bibi, comme ma sœur. J’ai trouvé la toile dans un fond de garde-robe l’hiver dernier et je lui ai redonné vie en l’exposant. J’ai rencontré l’artiste, ou disons la voisine, lors de mon premier séjour en Abitibi. Quand je lui ai dit qu’une de ses toiles était sur un de nos murs à la maison, elle a semblé découragée.
– J’ai tout jeté ça !, s’est-elle exclamée en parlant de toute sa production, à travers les années.
– Je ne suis donc pas la seule, me suis-je dit avec soulagement, quand on se rappelle que j’ai laissé toutes mes toiles sur les murs de la maison que j’ai vendue et que ces toiles, assez rapidement, se sont retrouvées dehors dans les poubelles.
L’affiche bleue a une longue histoire que je vais essayer de raconter brièvement. Elle provient de Philadelphie, je l’ai tenue roulée dans mes mains tout le temps du vol pour ne pas l’abîmer, mais je l’ai oubliée à mon arrivée à l’aéroport qui s’appelait encore l’aéroport de Dorval.
– Je l’ai peut-être oubliée dans les toilettes, me suis-je dit, de retour à la maison.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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