Jour 994

Beaucoup de choses me viennent à l’esprit en relisant le texte que j’ai écrit hier alors que j’étais très fatiguée au retour des rénos que nous avons faites à Montréal.
D’abord le Costco.
Nous avions acheté une carte de membre, Jacques-Yvan et moi. Comme nous travaillions tous les deux, et que nous étions trop épuisés les soirs de semaine pour penser sortir quelque part, nous nous y étions retrouvés un samedi après-midi pour ma première expérience. Emma n’était pas encore née. Je me rappelle de quelle manière j’étais habillée mais je ne m’étendrai pas sur le détail de la tenue. Nous nous y étions retrouvés, donc, en pleine cohue de consommation excessive. Il me semble, mais je dois me tromper car à bien y penser ça ne se peut pas, qu’une famille était passée à côté de nous, un panier plein à ras bord de nourriture, avec, par-dessus, en équilibre précaire, un matelas, oui un matelas, double, qu’on installe sur un sommier pour faire dodo ! Le courage m’avait manqué dans cet univers frénétique où il me semblait que tout le monde se dépêchait comme si les denrées étaient susceptibles de disparaître. Je m’étais sentie dans un cirque, ou dans un zoo, ou dans un souk aux dimensions surhumaines qui m’avalaient. Voyant que je me décomposais, Jacques-Yvan m’avait tirée par la main jusqu’à la sortie et… nous étions allés faire les courses quelque part ailleurs, dans un endroit à moins gros débit où ça coûte plus cher !
Quand j’ai connu Denauzier, j’ai découvert qu’il allait aussi au Costco, à celui de Lachenaie, des fois de temps en temps. D’ailleurs, je dois mentionner que François avait aussi une carte de membre et que j’y suis allée une fois ou deux avec lui, à celui de Lachine, si je me rappelle bien. Denauzier et moi ayant décidé de nous marier, la question des alliances s’est posée.
– Nous pourrions aller voir ce qu’il y a chez Costco, m’avait dit mon futur mari.
– On peut acheter des alliances à cet endroit ?, avais-je demandé, d’une voix mal assurée.
– On peut tout acheter !, s’était exclamé Denauzier.
Nous y étions allés, pour n’y rien trouver, mais pour nous faire quand même une idée des prix. D’une chose à l’autre, nous avons participé à la conception de nos anneaux auprès d’un orfèvre bouillonnant d’idées dans une bijouterie de Joliette.
Hier soir mercredi, sous les néons du Costco de Laval, dans un univers grouillant comme si personne ne travaillait le lendemain, nous avons magasiné des petites affaires, moi des chaussettes de coton, les pattes d’ours des chaussettes de laine, Denauzier des bouteilles d’eau minérale, avant de nous installer aux tables je dirais de plastique, pour manger avec des ustensiles en plastique, dans une assiette de styromousse,  une pizza qui, pour le prix, était tout à fait convenable. Je mastiquais en regardant partout, en ne pensant à rien de précis, en laissant parler mon frère et mon mari. Légère, je mesurais la quantité de route que j’ai parcourue en trente ans.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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