Jour 998

delivrance

Délivrance 1972 : Burt Reynolds as l’homme costaud

Donc, le film commence alors que les deux canots sont déjà sur l’eau de la rivière et qu’ils passent sous une passerelle sur laquelle se tient un jeune garçon, tenant un banjo, qui les regarde d’un drôle d’air. On dirait qu’il est trisomique. Un des canotiers lui fait signe qu’il joue lui aussi d’un instrument semblable, la guitare, et le jeune garçon ne réagit pas une miette. Les quatre hommes en fin de journée campent sur le bord de la rivière, un des quatre justement joue de la guitare autour du feu. Ils boivent du whisky mais pas trop, ils mangent les poissons qu’ils ont attrapés, ils dorment sans ennui.
J’ai lu tout à l’heure le résumé du film sur le site de Wikipédia. Les quatre hommes y sont décrits comme étant des hommes d’affaires provenant de la ville d’Atlanta. Les acteurs, pour une question de budget, font leurs propres cascades.
C’est le lendemain que les choses se gâtent quand le premier canot, et ses deux hommes à bord, s’arrête pour un petit repos, ou pour attendre l’autre canot qui a pris du retard. Pourtant, l’homme musclé qui connaît mieux la nature et manie habilement l’arbalète se trouve dans le deuxième canot. Les deux hommes du premier canot mettent pied à terre et se rendent compte que, de la forêt qui longe la rivière, deux autres hommes, dont l’un est armé d’une carabine, viennent vers eux. C’est la rencontre d’une part des créatures des tréfonds du bois et d’autre part de l’urbanité. Le choc des cultures. Les tréfonds du bois s’en prennent au personnage, des deux urbains, qui est poltron et rondouillet. Ils le font se déshabiller et lui ordonnent de goinfrer en se promenant à quatre pattes pendant que son compagnon est attaché à un arbre et ne peut rien faire.
J’ai vu le film il y a longtemps, peut-être quarante ans. Il me semblait que le personnage poltron se faisait non seulement sodomiser –parce qu’il se fait sodomiser pendant qu’il est à quatre pattes– mais qu’il devait aussi, dans une autre scène du film, se masturber et éjaculer, sans quoi un de ses amis se faisait tuer. Alors j’ai écouté le film en attendant la scène où les hommes de l’expédition de canot, devenus prisonniers des agresseurs de la forêt, se tiennent debout en cercle autour du poltron qui est à genoux. Ce dernier se masturbe, le regard perdu vers quelque fantasme qui lui permettra avec beaucoup de concentration d’éjaculer, de manière à ce que tout le monde reste en vie.
Or, je voyais bien que l’expédition se terminait, que les hommes retrouvaient le village où ils avaient garé leur voiture, que le costaud blessé à la jambe se faisait conduire à l’hôpital, que les policiers du village faisaient enquête, que les hommes d’affaires mentaient –il y a trois assassinats dans l’histoire–, mais je continuais d’attendre que le rondouillet se retrouve dans le trouble à essayer de se masturber, non parce que ça me tentait de voir cette scène, mais parce que, tout simplement, elle était gravée dans ma mémoire.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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