Jour 1 014

Avant de lire le tome II, j'ai envie de lire Les mémoires d'une jeune fille rangée.

Avant de lire le tome II, j’ai envie de lire Les mémoires d’une jeune fille rangée.

La récréation est terminée. J’ai publié ces derniers jours le récit de mes aventures aux Îles-de-la-Madeleine, le récit de la pêche pas de poisson à la Manawan, récit encore de l’épluchette qui venait clore la saison estivale, et je me suis même lancée dans le récit des travaux que nous avons faits à quatre pattes sur le béton dans le sous-sol du logement de Montréal. J’oubliais le récit un peu effleuré du décès de tonton le 15 août dernier. Et le récit de mes aventures de pêche au Témiscamingue lorsque j’ai attrapé, au sein de notre groupe d’experts pêcheurs, le plus gros doré de la journée, moi qui n’avais jamais pêché. Il est temps maintenant de revenir aux choses sérieuses, de revenir à l’essentiel. Cet essentiel est très bien exprimé par Simone de Beauvoir dans La force des choses : « Je continuais à fréquenter la Nationale ; c’est un plaisir et un repos de se remplir les yeux avec des mots qui existent déjà, au lieu d’arracher des phrases au vide. »
C’est lorsque j’arrache des phrases au vide, lorsque j’obtiens un texte de 500 mots en ne sachant pas dès l’abord, fixant mon écran d’ordinateur, ce qui viendra noircir mon écran, c’est dans ces conditions seulement qu’il me semble avoir accompli un bon travail d’écriture. Il faut que je sois surprise par le contenu et non pas que je connaisse le contenu à l’avance. Il faut que j’improvise. Il faut que je sois en train de marcher sur un fil suspendu au-dessus du vide.
Quand elle arrache des phrases au vide, Simone réussit à écrire des romans et des essais féministes. Je réussis tout juste à dépeindre un événement que je n’avais pas vu venir fixant mon écran, ou encore je réussis tout juste à me gargariser de questions qui me tournaillent dans tous les sens dans le gorgoton et auxquelles je ne trouve pas de réponse. Je me suis un peu plus sérieusement demandé, à cet égard, pendant mes vacances récentes qui ne m’ont pas permis d’écrire avec régularité, je me suis demandé s’il ne convenait pas que je termine mon projet bloguéen avant la fin, prévue dans 4,6 années. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’arrêterais : peut-être pour me donner plus de temps pour faire des activités physiques, dans la mesure où l’écriture me tient assise souvent toute une matinée, et dans la mesure où l’augmentation de mon poids me préoccupe. On me demanderait alors, au fil de mes rencontres, comment se porte mon blogue, et je répondrais que je l’ai abandonné. Pourquoi ?, serait la question immédiate. Pour bouger plus, serait la réponse. Ce n’est pas convaincant. Je serais en outre blessée dans mon orgueil d’avoir abandonné. Si j’arrêtais, ce serait parce que je n’en peux plus de presser le citron pour en faire sortir du jus, découvrant que le citron est sec. Or, il me semble qu’un citron sec, ça n’existe pas, en ce sens que c’est le principe même de la vie sur terre que de créer. Mon problème se situe peut-être à ce niveau : je suis habitée par le besoin de créer, donc je crée, mais je ne me préoccupe pas tellement de l’aspect, de la qualité, de l’organisation, de la solidité de ma création. Mais en même temps c’est faux. J’essaie presque toujours d’agencer les mots d’une manière qui me plaît…
Ou alors il se passe ceci : on me demanderait pourquoi j’ai arrêté mon blogue, je répondrais que c’est pour bouger plus, et on me répondrait qu’on me comprend, et, même, qu’il était temps !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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4 réponses à Jour 1 014

  1. Jacques Richer dit :

    Si tu arrêtais, je perdrais contact avec toi…. 😦

    J’aime

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