Jour 1 021

Fenêtre à Paris.

Fenêtre à Paris, janvier 2014.

La publication hier de la fenêtre madelinienne donnant sur le visage concentré d’un jeune homme m’a donné envie, pour comparer, de mettre en ligne une autre fenêtre prise depuis l’appartement que nous avions loué à Paris, Clovis et moi, il y a de cela plus de trois ans. Au lieu de me laisser émouvoir par le cachet de l’ensemble, par la poésie du rideau noué et la fragilité de la plante, je vois d’abord à quel point il faudrait protéger du froid les locataires de l’appartement en refaisant le joint de mastic. On a l’impression, quand on observe la portion du bas à droite de la photo, en zoomant, que la vitre tient par la peur. D’ailleurs, dans l’appartement que nous avions loué, il ne faisait pas chaud et le confort était moyen. Nous dormions, par exemple, sur un futon directement déposé sur le sol.
Une amie est à Paris en ce moment et j’ai hâte de lui demander, à son retour, si elle a trouvé que le climat politique tendu ces derniers mois change quelque chose à la douceur de vivre française. Quand j’étais à Paris pour ma part, en 2013-2014, pendant les vacances de Noël, je ne constatais qu’une chose : mes finances ne me permettaient pas davantage, trente ans plus tard, de profiter de la ville. Nous en avions profité, Clovis et moi, de manière disons frugale. Mais j’aime la frugalité. J’essaie d’installer la frugalité dans ma nouvelle vie avec mon mari. Pour une question de prix, mais aussi de santé. Nous étions lundi dernier à Terrebonne dans un café sympathique et nous avons commandé le menu du jour, une fois, pour deux.
– Une seule assiette mais deux fourchettes, ai-je précisé auprès de la jeune serveuse.
J’ai toujours peur qu’une telle pratique ne soit interdite dans les restaurants.
– Il n’y a plus de soupe, nous a répondu la serveuse, car il est passé deux heures. Je peux peut-être baisser un peu le prix… a-t-elle proposé.
Sans soupe, la lasagne végétarienne, qui n’était pas dans le top 10 des goûts de mon mari, devenait encore moins tentante. Alors nous y sommes allés pour un panini.
– Un seul panini, mais deux assiettes, ai-je encore précisé.
– Moutarde ou mayonnaise ?, a demandé la jeune fille.
– Les deux, ai-je répondu, en vérifiant du regard que cela faisait aussi l’affaire de mon mari.
Je voulais dire une tranche du panini recouverte au complet de moutarde, et l’autre tranche recouverte au complet de mayonnaise. Mais la jeune fille n’a pas compris la même chose : elle a apporté un demi-panini à la moutarde, et l’autre demi-panini à la mayonnaise. Avant de venir nous porter nos assiettes, elle a voulu vérifier qu’elle avait bien compris :
– J’apporte le panini avec, d’un côté, de la mayonnaise, et de l’autre de la moutarde ?
– En plein ça, ai-je répondu.
Dans sa compréhension des choses, un côté désignait un demi-sandwich. Dans la mienne, une tranche de pain. Tout est relatif et sujet à interprétation.
Quand j’ai demandé un café, pour finir, la serveuse, pas folle, n’en a apporté qu’un, à boire à deux, alors que nous en voulions chacun un !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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