Jour 1 040

Toile de Catherine Farish.

Tableau de Catherine Farish. La couverture du roman que j’ai acheté, publié chez Boréal Compact, reproduit un autre tableau de cette artiste londonienne.

Ce que j’aime, du logement de Bibi, c’est la proximité avec la vie extérieure. Je suis étendue sur son lit, dans sa chambre, et me parviennent les voix des gens qui marchent sur le trottoir. Je distingue même ce qu’ils disent, avec, comme fond sonore, les voitures qui décélèrent et accélèrent car il y a un arrêt juste au coin. Je remarque cette année des cris d’enfants que je n’avais pas remarqués l’an dernier. Les enfants, et les parents forcément, sont peut-être nouveaux dans le quartier. C’est ma récompense de la journée, m’installer au lit, toutes lumières éteintes –dans les autres pièces–, les portes et fenêtres grandes ouvertes, et lire.
Dans le récit L’amant, de Duras, il y a une allusion à un phénomène semblable. Le couple fait l’amour dans une pièce dont les fines cloisons sont faites de bambou –ou d’une autre plante. Ils entendent tout de la vie extérieure, les pas et les paroles des passants, nombreux dans ces villes asiatiques, pendant qu’ils réfrènent le cri du coït. Pendant qu’ils réfrènent le cri du coït, c’est moi qui invente ça. Ils sont étendus et font l’amour à moins d’un mètre des pieds des passants. Disons un mètre et demi.
Je suis étendue sur le lit de Bibi et je lis La petite fille qui aimait trop les allumettes, de Gaétan Soucy. Me vient alors en mémoire que lors de ma convalescence, après ma chirurgie cardiaque, en juillet 2013, l’auteur est décédé d’une crise cardiaque. Je pensais le connaître parce que je le confondais avec Jean-Yves Soucy, autre auteur, peut-être moins connu. C’est à lire, ma méprise, dans ce texte de ma série RVM, où RVM signifie Remplacement de Valve Mitrale.
Ça fait un bout de temps que j’ai acheté le livre et je ne me décidais pas à le lire. Je l’ai peut-être commencé l’an dernier. Je devais être fatiguée parce que je n’ai pas compris grand-chose aux premières pages et je me suis découragée. Pourtant, c’est facile à comprendre, il faut seulement se laisser porter par le vocabulaire parfois fantaisiste de Gaétan. Il me fait penser à Réjean Ducharme. Je n’ai lu qu’un livre de Réjean Ducharme, L’avalée des avalés, dont je ne me rappelle plus trop l’histoire, mais je sais que les deux personnages principaux sont des enfants, un garçon et une fille. Dans La petite fille, les personnages principaux sont deux frères. Ils ne sont jamais sortis de leur grande maison –qui tient encore debout par miracle, tellement l’auteur nous la décrit comme étant en décrépitude. Ils se retrouvent obligés de sortir de leur maison en décrépitude car leur père, qui les tenait captifs en quelque sorte, sous une autorité maladive, vient de mourir. Le plus vieux, qui se pense le plus fin, se rend donc au village à la recherche d’un cercueil. Je suis rendue là. J’ai d’abord lu les trois premiers chapitres avant-hier soir, puis je les ai relus hier soir, en y ajoutant le quatrième chapitre. Et ce soir j’ai hâte de poursuivre ma découverte de cet auteur, que j’adore déjà, mais je n’irai pas jusqu’à relire encore une fois depuis le début.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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