Jour 1 043

Au moins je me suis forcée en esquissant un sourire.

Esquisse d’un sourire forcé (ce serait un bon titre de roman !)

Je n’étais pas cette fois inclinée vers mon mari, dans la tente, mais étendue bien à plat sur un matelas pas trop épais. J’ai bien dormi et découvert que je suis peut-être en voie de devenir une adepte du camping. Il faisait un froid de canard, mais en bout de ligne nous avons eu trop chaud.
J’aime l’horaire des pêcheurs, du moins du groupe que nous étions. On se lève vers 8h00, on déjeune en masse, on est dans la chaloupe à 10h00, des glacières nous accrochant les jambes, on ne revient que vers 20h00. On mange en début d’après-midi quelque part sur une plage, il y en a plusieurs, des plages de sable fin comme on en trouve j’imagine à Cuba, bien que je ne sois jamais allée à Cuba. On se baigne, moi y compris, à ma grande surprise.
Les amis sont très bien équipés. On mange chaud, sur un poêle au propane, du poisson fraîchement pêché et apprêté sur place en filets. On boit de la bière et du vin. J’ai surveillé ma consommation car mon dernier test sanguin a confirmé une vitesse de coagulation trop lente, or l’alcool éclaircit le sang. J’écris ça pour la frime, pour faire savoir à mes lecteurs que je porte dans mon cœur une valve mitrale mécanique alors que ce n’est pas l’apanage de la majorité ! On se distingue comme on peut. Un jour, quand j’aurai atteint un bon niveau de maturité, je cesserai de ressentir le besoin de me distinguer des autres. Dans quelque trente ans, quand je serai octogénaire, vais-je peut-être y arriver. On boit, donc, de la bière et du vin. C’est facile, dans la chaloupe, d’avoir envie de bière quand des sacs de chips sont ouverts, et d’avoir envie de chips quand on boit de la bière. De retour vers 20h00 au camp de notre hôte, on prépare le repas du soir sur le BBQ, on le mange vers 21h30, on fait un feu, on se couche vers minuit. On recommence le lendemain.
J’avais, je l’avoue, tout le temps faim, même si la pêche ne requiert pas d’effort physique. On est assis, on est là qu’on attend, on donne des coups de moulinet pour remonter la ligne des fois de temps en temps, afin de vérifier si la sangsue accrochée à l’hameçon ne s’est pas fait manger par un poisson sans qu’on s’en rende compte. J’ai mis la faim, quoi qu’il en soit, sur le compte du grand air.
Notre hôte m’a expliqué que dans la roulotte voisine à la sienne, habite un couple qu’il ne voit jamais. L’homme et la femme arrivent en soirée au terme d’un long trajet, ils partent le matin pêcher à 5h00, et ne reviennent que vers 22h00. Ils recommencent le lendemain et ce tous les jours de leur séjour. La belle vie dans la répétition, la méditation dans l’action, au gré des flots. Je serais prête à vivre de telles vacances, pas juste un long week-end mais au moins une semaine pleine, n’importe quand avec mon mari.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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