Jour 1 045

Une ville minière étant par définition cosmopolite, la tante nous a servi des schnitzel. Je me suis régalée.

Une ville minière étant par définition cosmopolite, la tante nous a servi des schnitzel. Je me suis régalée.

Direction Rouyn. Nous sommes presque passés en coup de vent puisque le fils se rendait  travailler. Mais quand même. Les deux hommes ont essayé de trouver qu’est-ce qui faisait le bruit dérangeant que Denauzier s’est mis à entendre à la roue gauche, à l’avant, pendant notre trajet. Bien entendu, pour ma part, je n’ai rien remarqué. Ils ont parlé dans une langue étrange, qui ne m’éclairait guère quant à la nature du problème.
– J’ai installé le béring avec l’impact, a commencé Denauzier, je n’aurais peut-être pas dû…
– Avec l’impact tu peux aller chercher 450 livres de pression !, s’est exclamé le fils.
– Je pourrais me trouver un box en cours de route, par sécurité, avant d’entrer dans le bois.
– Tu en trouverais à Rouyn, a dit le fils.
– On ne dit pas une box, pour désigner une boîte ?, ai-je demandé.
– Le box c’est la douille qu’on installe au bout du ratchet, m’a répondu Denauzier, en se couchant par terre pour regarder sous la voiture.
Le fils de Denauzier habite dans une petite localité de 929 habitants qui s’appelle D’Alembert. Par rapport à Amos où on était, on arrive à D’Alembert avant d’atteindre Rouyn. À Rouyn, mon mari a trouvé un garage qu’il connaissait et qui existe encore, mais qui n’avait pas le box ou autre bidule qu’on s’en venait chercher.
– Va chez Nappa, a dit le mécanicien à mon mari. Je sais qu’ils en ont. Je peux appeler pour vérifier.
– Appelle donc, a répondu mon mari, qui regardait sa montre. Et demande-lui le prix.
Nous étions attendus chez une tante pour le souper et il était déjà passé cinq heures. Je savais, cette fois, que nous étions attendus chez la tante pour souper et coucher et, en prime, je la connais. Elle habite Arntfield (474 habitants), à quelque quinze minutes de route de Rouyn. J’étais au-dessus de mes affaires, en zone de confort, d’autant que j’aime la dame. Je saute les détails de la box que nous avons finalement trouvée et du vendeur qui a répété à mon mari qu’avec l’impact on pouvait aller chercher 450 livres de pression et que ce n’était pas étonnant que le je ne sais pas comment ça s’appelle se soit brisé.
Je me suis d’autant retrouvée en zone de confort, avec la tante, que nous avons parlé serviettes de table, qu’elle collectionne elle aussi, pour faire des bricolages elle aussi. Elle participe à des ateliers, à un endroit qu’elle appelle Le centre. Elle y a appris à couvrir une boîte de bois avec du –encore une langue étrange– Mod Poge. C’est une femme hyperactive. Elle n’avait pas fini de prononcer le Mod something qu’elle partait comme un ressort à la recherche de la boîte pour me la montrer.
– C’est ma boîte de morts, m’a-t-elle expliqué, en m’en montrant le contenu, à savoir plus d’une centaine de signets mortuaires, des vieux vieux de couleur sépia et des récents plastifiés et en couleurs.
Quand est venu le moment d’aller au lit, la tante nous a expliqué que nous dormions dans la chambre bleue. Je n’étais jamais descendue au sous-sol, où se trouve une énorme fournaise, comme il s’en trouve une dans le garage de Denauzier. L’énorme fournaise est située dans une grande pièce qui sert de fourre-tout, mi-garage mi-atelier, où chaque objet est bien rangé. Il n’y a pas de plancher. On marche directement sur la dalle de béton plus ou moins inégale peinte en gris. À l’autre bout de la pièce fourre-tout se trouve la chambre à coucher dont la porte est bleue, à côté d’une autre chambre dont la porte est rouge. Le lit de la chambre bleue est de format double seulement. Le matelas et les ressorts du sommier sont plutôt mous, de telle sorte qu’encore une fois, après la nuit sur le matelas dessoufflé, j’ai versé du côté de mon mari en raison du matelas pas mal incliné.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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