Jour 1 047

Je reprends l’écriture après cinq délicieux jours d’interruption. Ayant passé, libre comme l’air, ces quelques jours en mode vacances, je me rends compte ce matin, me réinstallant devant mon ordinateur, à quel point c’est exigeant, mon projet bloguéen. C’est lui qui définit en bonne partie les balises de ma vie et, par ricochet, celles de mon mari.
Nous sommes revenus à la maison hier soir lundi vers 20h30, après dix heures de route.  Notre trajet nous a fait traverser plusieurs localités ontariennes excessivement belles dans une nature luxuriante sous le soleil. J’ai passé mon temps à dire que c’était beau –et à compter des drapeaux, j’y reviendrai.
Il m’aurait été possible d’écrire les textes de mon blogue sur un papier avec un crayon, en m’installant à l’écart, mais ç’aurait été exagéré. Je voulais profiter des amis et des vacances. En prime, je n’aurais pas eu envie de taper mes textes, une fois de retour à la maison qui, de toute façon, m’auraient semblé poches et sur lesquels j’aurais passé des heures pour essayer de les améliorer.
Je vais donc fonctionner à rebours, c’est le principe même de mon blogue jusqu’à ce que j’atteigne le texte 1 dans 4,8 années, et tenter une rétrospective de notre voyage de pêche au Témiscamingue avec les amis de Denauzier.
D’abord, il en est question au jour 1 048, nous avons quitté la maison mardi soir, sur un coup de tête, à la place du mercredi matin tel que nous l’avions prévu. Aux environs de Notre-Dame-de-la-Merci, dans les tournants nombreux, mon mari m’a demandé d’appeler son fils à Val-d’Or pour lui demander s’il pouvait nous héberger. Bien entendu, il a accepté. C’est ainsi que nous avons passé notre première nuit de petite escapade de six jours dans le sous-sol du fils, où est située ce que l’on pourrait appeler la chambre des invités. Nous y avons moins mal dormi que la fois d’avant, en ce sens que le matelas gonflable s’est moins dessoufflé cette fois-ci. Le plan initial de mon mari était non pas de dormir chez son fils, mais de faire du camping sauvage dans le parc de la Vérendrye. Il a peut-être été influencé par la réponse que j’ai faite à sa proposition :
– Je vais avoir peur, mais avec toi je veux bien essayer.
Dès qu’il est question de camping, je pense à la fois où nous étions, mon compagnon de l’époque et moi, partis tout l’été visiter l’Ouest canadien. La veille de notre première nuit en plein air, nous avions regardé sur un écran géant de ciné-parc une version (celle de 1986) du film Psychose de Hitchcock. Nous marchions, arpentant lentement une rue touristique de Calgary et, en tournant la tête, nous avions découvert l’écran géant sur lequel on voyait l’image parfaitement. Captivés dès la première seconde, nous nous étions assis sur un banc public et avions regardé le film au complet, la peur au ventre en ce qui me concerne. Plus le film avançait, plus je me disais que je ne serais pas capable de dormir dans la nature et dans le noir, sans aucune protection contre les agresseurs. Comme de fait, à notre première nuit dans les Rocheuses, dans un endroit pourtant pas tellement sauvage où étaient installées d’autres tentes abritant de bonnes familles canadiennes avec enfants, je m’étais mise à pleurer. J’avais demandé à mon petit ami s’il acceptait qu’on entoure la tente de fil à pêche à hauteur d’un pied du sol, retenu par des bouts de bois plantés dans la terre, pour que les agresseurs s’y accrochent les pieds, tombent et nous réveillent, nous permettant ainsi de nous défendre avant le coup de couteau fatal. Le petit ami, pensant que je faisais une blague, n’avait même pas répondu.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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