Jour 1 049

Cet après-midi j’ai rendez-vous avec une amie de l’école secondaire que j’ai retrouvée lors de notre conventum. YES ! Nous avons toujours été amies dans nos cœurs mais ne nous sommes vues que trois fois en vingt ans. Nous avons rendez-vous à l’Abbaye Val-Notre Dame. Ayant une autre rencontre de prévue pas loin de là, mon amie a proposé cet endroit.
– Où, plus précisément ?, ai-je voulu savoir par courriel.
– Aux confessions, fut la réponse.
Ça fait très Jean-Jacques Rousseau. Hier, avant de m’endormir, je me suis demandé si je ne devrais pas, au moins une fois dans ma vie adulte, me confesser auprès d’un moine. Mais, très vite, pourtant je ne suis pas dédaigneuse, j’ai pensé qu’il aurait peut-être mauvaise haleine.
Nous sommes aux antipodes l’une de l’autre. La vie de mon amie s’appuie sur des balises qu’elle a elle-même définies avec amour et conviction et dans lesquelles elle n’a cessé de s’épanouir. Ma vie est quant à elle parsemée de coups de tête, de coups de dé, de risques, de noir ou blanc, de tout ou rien, advienne que pourra.
Il faut dire que nos départs, dans les premières années de nos vies, ont été radicalement opposés. Mon amie a baigné dans un climat calme et affectueux. J’ai vécu pour ma part mon enfance sans connaître le calme intérieur, j’étais trop perturbée de ne pas me sentir aimée. Après l’école secondaire, nous nous sommes séparées puisque je suis allée vivre dans la ville de Québec pour étudier au Conservatoire. J’étais en train de pratiquer mon répertoire d’examen de fin d’année, nous étions en juin, à la maison de Ste-Foy où j’avais loué une chambre, quand le téléphone a sonné. C’était un appel pour moi, événement rarissime, à tel point que j’ai pensé qu’un membre de ma famille était décédé. Je suis allée répondre déjà contrariée, en ce sens que je n’allais pas être en de bonnes dispositions mentales, advenant le décès de mon père, pour jouer devant les juges ! C’était mon amie. Elle m’offrait de me payer un billet d’avion.
– Pour aller où ?, fut ma première question.
– À Paris et à Londres. J’ai acheté mon billet il y a quelque temps pour me prouver que je suis capable de me séparer de ma mère. Mais la date de mon départ approche et j’hésite de plus en plus à partir seule. Viendrais-tu avec moi ?
Je ne sais pas comment mon amie a fait pour me trouver un billet de dernière minute, mais nous avons passé une partie de l’été ensemble, en France. Affamées. Notre alimentation se basait essentiellement sur les croissants du matin, fournis aux hôtels une étoile où nous logions, et sur les crêpes au Nutella préparées sous nos yeux à des installations ambulantes. J’en aurais mangé dix de suite. Nos estomacs étaient traversés de crampes à la moindre odeur que dégageaient les cuisines des restaurants. Tiens, ce serait quelque chose que je pourrais confesser : mon amie et moi, un jour, n’en pouvant plus, nous sommes installées à la terrasse d’un bon restaurant qui offrait de la très bonne nourriture et une fois le ventre plein nous nous sommes enfuies, sans payer.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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