Jour 1 056

Ce soir nous recevons des voisins à souper, nous serons trois couples. Nous pensions recevoir nos amis samedi dernier. On prévoyait du temps maussade, plutôt frais. Je trouvais que c’était parfait pour utiliser le four et cuire une lasagne. Les plans cependant ont changé, mais pas le menu, de telle sorte que je vais cuire la lasagne tout à l’heure alors qu’il fait caniculaire à l’extérieur !
À chaque fois que j’en prépare une, je pense à mon amie qui m’a dit, autrefois jadis il y a longtemps, que ça coûte quand même cher à préparer, compte tenu de tous les ingrédients qui entrent dans la composition de ce plat. Effectivement. Je commence sur une épaisseur de pâtes préalablement cuites à l’eau, recouvertes d’un sac complet d’épinards étuvés et de ricotta; une épaisseur de pâtes, recouvertes de sauce à la viande et à la tomate, dans laquelle je mets de l’extrait d’anchois, du poivre de cayenne et du clou de girofle; une épaisseur de pâtes recouvertes de sauce béchamel à l’ail. Pour garnir le tout, du gruyère râpé, c’est en partie à cette étape que le bât blesse, question de prix.
Toujours est-il que lorsque je prépare de la lasagne je pense à mon amie. S’enchaîne alors à chaque fois, du fait d’avoir pensé à la lasagne et à mon amie, cette autre fois où elle m’avait demandé comment j’éclaircissais ma sauce de bœuf bourguignon, parce qu’elle avait préparé ce plat mijoté mais l’avait trouvé trop épais en fin de cuisson. Je lui avais répondu que j’ajoutais de l’eau et du vin. Je dois dire que je suis très généreuse quant à la quantité de vin rouge que je verse. Je ne respecte pas tellement la quantité recommandée. J’avais été touchée que mon amie me pose des questions d’ordre culinaire parce que je ne peux pas dire que j’étais à ce moment-là une référence en la matière !
Un peu plus tard, je suis devenue maman et j’ai accouché d’Emma en pleine canicule à la fin du mois d’août. Mon amie était venue me visiter pour me donner un petit coup de pouce. Malheureusement, la nuit qui précédait sa visite, j’avais mal dormi. Voyant mon teint passablement verdâtre, elle m’avait dit se faire du souci pour moi.
Je n’ai jamais dit à mon amie que la première fois que je suis allée dormir chez elle, à la maison familiale où elle habitait encore puisque nous étions adolescentes à l’école secondaire, j’ai passé une des plus belles nuits de ma vie. Je m’étais réveillée calme et reposée comme cela ne m’était peut-être jamais arrivé.
Depuis le conventum –au cours duquel j’ai revu cette amie–, il me semble que je suis une autre femme. J’ai rêvé récemment que j’annonçais haut et fort à qui voulait l’entendre que nos retrouvailles du Séminaire avaient changé ma vie. Je pense qu’il y a du vrai dans cette affirmation. Au lieu de m’en vouloir pour toutes les mauvaises choses que j’ai pu avoir faites et avoir dites et qui ont blessé mes amis de l’époque, je meurs d’envie de les revoir et, avec eux, de profiter de la vie !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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