Jour 1 064

J’ai rêvé que j’étais attirée par une femme. De peau noire. Très belle. Une femme dont on pourrait dire qu’elle a du sang royal, une femme que j’ai connue, quand j’étais plus jeune, du temps de mes études. J’avais terriblement envie de l’embrasser et je me demandais comment elle réagirait si je caressais ses seins. Or, nous nous retrouvions –miraculeusement– seules toutes les deux dans une grande salle du Louvre, et elle me faisait comprendre, en se collant à moi juste ce qu’il faut, qu’elle n’était pas hétérosexuelle. Elle reprenait aussitôt ses distances et continuait à me parler, commentant les toiles des grands maîtres avec détachement, comme si de rien n’était. Dès lors, la balle était dans mon camp. Je n’arrivais pas à l’approcher cependant en ayant confiance en l’accueil qu’elle ferait à mes avances. Plus je tardais, plus je tournais autour du pot, plus je branlais dans le manche, plus le désir d’elle sexuel grandissait.
Changeant de décor en moins d’un quart de seconde comme cela arrive dans les rêves, je circulais en plein boulevard parisien, assise dans une calèche tirée par un cheval dont on aurait dit, lui aussi, qu’il était de sang royal avec son port de tête altier. Je n’étais plus en compagnie de ma beauté de peau noire, je découvrais les rues avec Emma. Ce n’étaient pas les rues parisiennes que nous connaissons, couvertes d’asphalte et surpeuplées de voitures, où prédominent les teintes de gris des façades des maisons. Ma calèche roulait lentement entre des édifices colorés comme on en trouve dans le sud de la France ou en Italie, beaucoup de bâtiments jaune clair ou grège ou d’un beige rosé, dont les toits étaient couverts de tuiles de terre cuite. Je continuais d’être habitée par le désir de ma nouvelle flamme, au point de ne pas avoir la tête à parler avec ma fille. Je me contentais d’accueillir en silence la beauté des lieux. Je n’étais pas surprise de ressentir du désir pour une femme. Le sentiment qui m’habitait par-dessus tout était celui de la peur. Peur du rejet et peur de ne pas savoir comment m’y prendre. Tout en observant les détails d’architecture qui égayaient les maisons, de même qu’au son du cheval qui se mettait à hennir, je me disais qu’il n’y avait rien là, caresser les seins d’une femme. Il n’y avait pas de raison d’être figée de peur, je n’avais qu’à laisser parler mon attirance à travers mes mains et tout se passerait bien.
– Mais comment caresser un clitoris ?, me demandais-je encore.
J’étais traversée par un éclair de génie en me disant que je ne le caresserais pas, je me contenterais des seins ! Plus le cheval avançait, plus je voulais qu’il accélère pour que je revienne à mon point de départ où m’attendait ma belle. Elle avait subtilement défait les premiers boutons de son chemisier, accusant la chaleur suffocante de l’incommoder alors que la salle était trop climatisée ! Je m’approchais d’elle dans un mélange de détermination et de concentration, consciente que les prochaines secondes allaient changer nos vies et, avec une suprême émotion, je l’embrassais. Au premier contact de nos lèvres, le sentiment qui m’habitait –et je savais que de son côté il en était de même– était celui que notre amour allait durer toujours.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s