Je n’ai pas travaillé sur mes beaux poissons finalement. Ç’aurait été très confortable. J’aurais été assise dans mon beau bureau et je me serais cassé la tête à savoir quelle couleur je désire utiliser. J’aurais interrompu mes tergiversations en arrosant les plantes qui me tiennent compagnie. Je suis particulièrement heureuse de vivre avec un poinsettia acheté peu avant Noël 2014, qui a passé l’été 2015 dans ce qui a peut-être été une rocaille autrefois, à l’ombre parce que je pensais qu’il allait cuire en plein soleil. Je l’ai ensuite mis en pot à l’automne 2015, il décore mon bureau de son rouge superbe depuis, en attendant d’être replanté dehors cet été 2016. Après l’arrosage, je serais revenue à ce que j’ai appelé hier le rehaussement de mes poissons, en utilisant la première couleur qui me serait tombée sous la main. C’est toujours comme ça que mes tergiversations finissent. Elles finissent par des tergiversations qui ne servent à rien.
Le fait est qu’il n’a pas plu, alors je suis allée nettoyer la plate-bande d’hémérocalles qui longe la maison. Au bout d’un moment, j’ai réalisé que certains plants ayant beaucoup profité la saison dernière se trouvaient maintenant trop près de leur plant voisin. Maudit bâtard. Je me suis relevée, parce que j’étais à genoux, grattant avec la griffe de jardin. J’ai étudié la situation. Les deux premiers plants étaient nettement trop proches l’un de l’autre. Le seul plant d’échinacées, qui a abouti là je ne sais comment ni pourquoi, n’avait pas sa place parmi les plants d’hémérocalles. Un plan mort d’une plante que je n’ai pas reconnue devait être retiré et remplacé par un autre. J’ai hésité quelques minutes devant l’ampleur du travail, me disant qu’après tout nous sommes dimanche, jour de repos, et que je ne suis pas à la retraite pour travailler tout le temps, déjà que j’ai mon blogue à écrire le week-end tant que je ne serai pas venue à bout de mon retard. Mais, bien entendu, c’est le désir d’avoir une belle plate-bande qui l’a emporté. Alors je suis allée chercher la grosse pelle, la bêche, la truelle, et j’ai déplanté pour mieux replanter, en essayant de maintenir entre chaque nouvel emplacement une distance égale. Pour avoir déplanté et replanté des hémérocalles à mon ancienne propriété de St-Alphonse, je savais dans quoi je m’embarquais : c’est forçant en titi.
Là, maintenant que c’est fait, que la plate-bande est nettoyée et prête à profiter de la belle chaleur de l’été (j’écris ça parce qu’il neige en ce moment !), maintenant aussi que le texte du jour d’aujourd’hui est sur le point d’être écrit, je n’ai qu’une envie : niaiser, relaxer, cocooner. M’étendre et lire. M’asseoir avec mon mari et écouter le restant de film que nous n’avons pas terminé hier. Préparer un pain de viande en prenant mon temps.
Au début du déplantage et replantage, je me suis dit qu’il n’y avait rien là, déplacer des plants entiers d’hémérocalles –alors que je croyais n’avoir qu’à désherber–, puisque j’ai l’habitude des défis énormes avec mes 2 200 textes. Il n’empêche que je suis pas mal contente d’avoir fini !
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