Jour 1 118

À Montréal, le cardiologue m’a dit que mon opération était une grande réussite. Je vais être dorénavant suivie à l’hôpital de Joliette. S’il devait survenir des complications, je serais à nouveau prise en charge par l’équipe de l’Hôtel-Dieu.
Bien sûr, je n’allais pas à Montréal que pour le cardiologue. J’ai rencontré mon ami Yvon après ma visite à l’hôpital, en manière de 5 à 7 devancé d’une heure, ce fut donc un 4 à 6.
Comme ça arrive avec les vrais amis, nous avons parlé de tout et de rien comme si on s’était vus la veille, alors que ça faisait peut-être un an qu’on s’était vus.
Dans la salle plutôt sombre des Trois brasseurs où nous nous sommes rencontrés, nous avons partagé des frites et de la bière de microbrasserie.
Euphorique, m’a dit mon ami Yvon. Je ne sais pas ce qu’ils mettent dans leur bière, Lynda, mais à chaque fois que j’en bois je me sens au septième ciel !
Faudra revenir alors, ai-je répondu, le cœur un peu serré quand est venu le moment de nous séparer. Je me rends compte que j’habite quand même loin de mes amis, n’ai-je pu m’empêcher d’exprimer quand j’ai vu Yvon s’engouffrer dans l’entrée du métro.
Garden Nova. C’est l’étrange nom du dépanneur, dans le quartier Ahuntsic, où je me suis arrêtée pour demander où était la rue Sauriol. Je m’en allais entendre au collège Régina Assumpta le concert de l’orchestre à vents dans lequel jouait Emma. C’était après ma rencontre avec Yvon.
Hélène, selon le prénom qui était brodé sur le t-shirt de la jeune fille qui distribuait les programmes du concert, à l’entrée de la salle, n’avait justement plus de programmes à distribuer, lorsque je suis arrivée à sa hauteur.
Il y a dans la phrase précédente une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que j’ai réussi à trouver et le collège et la salle, en me fiant sur les indications qui m’ont été données par le propriétaire asiatique du dépanneur Garden Nova. La mauvaise, c’est qu’il n’y avait plus de programme, mais on s’entend que ce n’est absolument pas grave.
J‘exagère, ou je tourne les coins ronds, quand j’exprime, précédemment, qu’il n’y avait plus de programmes. Il y en avait, mais distribués avec restriction par une
Karine, qui semblait être la chef d’équipe du groupe des filles distributrices de programmes.
Le programme, s’il vous plaît, a demandé Jacques-Yvan à Karine, en tendant la main vers elle.
Madame en a déjà un, a répondu Karine, en me désignant.
Nous n’en donnons qu’un par couple car nous allons en manquer. Je suis désolée, a ajouté la jeune fille, voyant que Jacques-Yvan n’était pas content.
Où il ressort que Jacques-Yvan et moi, bien que séparés depuis maintenant huit ans, avons été perçus comme formant un couple. Je dois dire que cela m’a amusée.
Pas besoin d’être en mauvais termes quand un ex-couple se rencontre, comme ce fut le cas hier, lors d’événements au centre desquels évoluent ses enfants.
Quand nous avons assisté assis un à côté de l’autre, Denauzier, Jacques-Yvan et moi, au concert d’Emma à St-Lambert, elle a été la première enchantée de nous voir assis ensemble, les trois mousquetaires.
Rapidement, après le concert de l’orchestre à vents à Régina Assumpta, Emma et moi sommes rentrées à la maison, à Notre-Dame-de-Grâce, chez Emma, finalement.
Sans perdre de temps, Emma a sorti ses cahiers et ses notes d’astrophysique car elle devait passer un examen en cette matière le lendemain matin, autrement dit ce matin.
Très bien installée dans la chambre des invités, étendue sur le lit, j’ai pour ma part lu mon Harlequin.
Une fois qu’on accepte les répétitions dans le livre, à l’effet que l’odeur de Billy fait chavirer les sens de Shelby, et que ses cheveux qui brillent dans le clair de lune lui donnent une folle envie de l’embrasser, et ce genre de petites remarques qui reviennent trop souvent, le côté polar du roman est quand même intéressant.
Vers 6h30 ce matin, chouchou se relevait pour se rendre à l’astrophysique mettre ses connaissances à l’épreuve. J’ai presque honte d’écrire que je me suis réveillée à 10h20.
Wouache !, me suis-je exclamée en entrant dans la cuisine pour me préparer un café. Je n’avais pas remarqué, la veille, que le comptoir était si sale.
XXX, j’allais terminer mon mot de cette manière, que j’ai laissé sur la table, pour Emmanuelle.
Y allant avec entrain, en cadeau de fin de session pour ma fille qui est débordée, j’ai frotté, récuré, nettoyé de mon mieux, et c’est après seulement, sur une table fraîchement dégraissée, que j’ai déposé le petit mot d’amour.
Zut !, j’ai oublié d’écrire à Emma, sur le petit mot, que j’ai acheté ce matin, en allant flâner un court moment sur la rue Monkland, la meilleure crème glacée à la vanille, en petit cadeau, et que je l’ai mise, bien entendu, dans le congélateur.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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Une réponse à Jour 1 118

  1. Jacques Richer dit :

    Très en forme, en effet, notre alphabétiste!

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