Jour 1 121

C'est le modèle Flex.

Cela s’appelle le Fitbit Flex Wireless Activity Wristband.

Mon application Fitbit recommande d’effectuer 10 000 pas par jour, selon les normes d’un quelconque institut américain de santé. Différents adjuvants sont là pour nous aider à atteindre cet objectif. Quand on a atteint 7 500 pas, par exemple, on reçoit un courriel qui nous incite à faire les 2 500 pas manquants avant la fin de la journée. Et quand on arrive à atteindre les 10 000 pas recommandés par le programme de santé dont le nom m’échappe, on reçoit un autre courriel de félicitations. Le problème, c’est qu’il faut recommencer le jour suivant ! Le véritable problème, en ce qui me concerne, c’est que je passe ma vie, depuis cinq ans, à compter les textes que j’ai écrits, versus ceux que je n’ai pas écrits, en fonction du nombre de jours ouvrables, et pas ouvrables, et du nombre de jours qu’il me faudra pour éliminer mon retard, etc. Je ne désire pas compter mes pas par-dessus le marché.
Il n’empêche que ce matin, après avoir écrit un premier texte –de quelque 500 mots–, je suis allée marcher avec Nicky notre chienne, d’un bon pas. J’accumulerais plus facilement les 10 000 pas si je vivais encore à Montréal. On marche davantage en milieu urbain. Mais j’habite ici, à la campagne. Alors j’ai parcouru notre rang, puis un autre, puis un autre, avec pour compagnie, outre Nicky, les petits oiseaux et deux ou trois écureuils. Sans m’en rendre compte, et pour me donner une idée de combien de pas il y a entre tel et tel poteau, ou combien de pas il y a entre les casiers postaux et la route 337 au bout du rang, ou combien de pas il y a entre notre maison et celle des amis voisins où nous allons régulièrement, je me suis mise à compter, saperlipopette ! Et l’autre jour, qu’ai-je fait en cordant les bûches dans notre abri ? Je les ai comptées ! Une, deux, trois, quatre… J’étais rendue à vingt-sept quand Denauzier est arrivé et qu’il s’est moqué de moi parce que je parlais toute seule !
Mais je n’ai pas fait que cela, compter mes pas, ce matin en marchant. J’ai aussi fait le point par rapport à mon blogue en faisant ressortir quelques idées maîtresses : 1- ça fait cinq ans que j’écris un texte par jour (ouvrable); 2- chacun de ces textes a été écrit sans que je sache à l’avance ce que je voulais écrire; 3- autrement dit, chaque texte est une petite création improvisée; 4- il m’est arrivé de démarrer un texte en racontant un rêve que je venais de faire, ou en décrivant un événement même infime auquel j’avais assisté, ou une conversation que j’avais entendue, mais le texte dans sa facture finale était toujours une surprise que je n’aurais pu prévoir au départ; 5- j’en conclus que je commence à avoir une certaine pratique de l’inventivité.
– Pourquoi, maintenant que tu es installée dans une belle vie paisible et que tu as du temps, n’essaies-tu pas d’écrire quelque chose, un vrai projet, un roman ?, me demande ma tante.
– J’aime écrire mon blogue…, ai-je répondu, espérant être traversée par une réponse consistante qui ne venait pas.
– J’aime écrire mon blogue, ai-je exprimé en me redressant l’échine, sur un ton plus affirmé.
– J’aime mon blogue, tantine, ai-je répété avec je dirais de la tendresse (envers moi-même).

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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2 Responses to Jour 1 121

  1. Avatar de Jacques Richer Jacques Richer dit :

    Dis à ta tante qu’il y a des gens qui aiment te lire à chaque jour. Pour moi, tu es comme un bol de céréales le matin. Tu fais partie de ma routine quotidienne. Tu m’apportes des vitamines.

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