Jour 1 152

Zorro.

Zorro.

– Pourquoi veux-tu que je réponde à ça, chérie ?, m’a demandé mon mari.
Nous venions de terminer nos crêpes à la farine de sarrasin, trempées dans beaucoup de mélasse en ce qui me concerne, et relevées de quelques tranches de fromage St-Paulin coupées par Denauzier. Accompagnées d’une bière bien fraîche. Nous nous sommes nourris dans l’abondance ce soir, après avoir gratté les fonds de casserole toute la semaine.
Avant de quitter la table, j’ai demandé à mon mari de me dire quel était le premier mot qui lui venait à l’esprit commençant par la lettre que je lui nommais. Toutes mes lettres étaient déjà écrites sur une feuille, en deux colonnes, prêtes à recevoir le mot correspondant.
– Pourquoi veux-tu que je réponde à ça, chérie ?, m’a-t-il demandé.
– C’est pour comparer ton champ sémantique personnel immédiat avec le mien, ai-je répondu. Pour savoir quels sont les premiers mots qui se manifestent à ton esprit. D’une certaine manière, ça me permet de mieux connaître tes intérêts puisque tu risques de me donner les mots qui te sont le plus familiers, ceux qui arrivent sans que tu aies besoin de les chercher, ceux qui sont déjà disponibles…
– Hum hum. Allons-y, a répondu mon mari en soupirant mais en soupirant juste pour la forme.
J’y suis allée dans le désordre pour qu’il n’ait pas le temps, sitôt débarrassé d’une lettre, de penser à la suivante.
Y, ai-je commencé.
Yankee, s’est-il empressé de répondre, soulagé que l’exercice soit si facile.
– Ce ne sont pas les yeux qui te sont venus en premier ?, ai-je demandé.
– Est-ce qu’il y a des mots qui sont supposés arriver coûte que coûte ?, a répondu mon mari.
– Non, non, ai-je répondu en souriant.
– Pourquoi tu souris ?
– Parce que c’est rare que tu dis coûte que coûte.
Autre soupir de mon époux, juste pour la forme.
– Continue !, m’a-t-il dit.
B !, ai-je lancé, curieuse de découvrir quel mot concurrencerait ma bouteille d’hier.
– Brute, a répondu Denauzier dans la seconde.
Une bouteille brute. Une bouteille de brut. Une bouteille de champagne brut.
F ?, ai-je demandé, espérant pouvoir associer nos deux réponses aussi facilement que pour la bouteille de brut.
Fox Trot.
Mince ! Nous répondons tous les deux dans le domaine de la danse, j’y suis allée avec la farandole. Nous répondons tous les deux dans le domaine de la danse en fonction de nos tempéraments. La réponse de mon mari a du swing là où je suis très sage.
N ?, ai-je ajouté.
– Noémi. Je ne sais pas pourquoi je réponds ça, a dit mon mari, je ne connais aucune Noémi.
– Tu réponds Noémi pour faire comme moi, chéri, j’ai répondu Nicole, ou encore Nelly. Nous avons opté tous les deux pour des occurrences de prénoms féminins !, ai-je ajouté.
– Et si je termine avec Z ?, ai-je enchaîné.
– Zoulou ! Toi, qu’est-ce que tu dirais ?
– Zéro, ai-je répondu, toujours déplorant n’avoir pas répondu Zachary.
– Zouro, a alors dit mon mari, ça fait un mix des deux.
– Et ça nous amène à Zorro !, me suis-je exclamée. Un autre prénom !
J’aurais fait une découverte mathématiques foudroyante que je n’aurais pas été plus excitée. Ça ne prend pas grand-chose, disait mon père, pour amuser les enfants.

 

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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