Je ne suis pas satisfaite du texte que j’ai écrit hier parce que le mot photo revient trop souvent, vers la fin, et parce que je n’ai pas tenté d’expliquer qu’est-ce qui m’a fait pleurer. Pourtant, je le sais, ce qui me fait pleurer. C’est que je me sens exclue des groupes, de façon générale. Je m’exclus moi-même, ce ne sont pas les autres qui m’excluent. Je parle avec ma sœur, admettons, qui a toujours mille visites en perspective à son agenda, et je me sens mise à l’écart. Tout le monde se visite, s’amuse, interagit, sauf moi. C’est ma marque de commerce, me sentir exclue. La toile ci-contre, que j’ai faite en 2013 si je me fie à la date qui apparaît sur la photo, traduit bien le phénomène d’exclusion qui m’habite depuis toujours. Je me suis arrangée pour que la bête ne soit pas capable de marcher, de suivre les autres, pour qu’elle soit condamnée à se débrouiller, à faire appel à son ingéniosité, à tester ses limites, seule dans son coin. Ses pattes ne sont pas de la même longueur et vont dans toutes les directions. L’or bouillant qui coule sous ses sabots ne doit pas lui faciliter la vie non plus. Emma a raison, je pourrais essayer de reproduire un animal plus normal, ou moins handicapé. Mais je ne le fais pas. Je pourrais essayer de me raisonner et de ne pas me sentir exclue. Mais je ne le fais pas. La toile réside sur un des murs de la petite pièce avant, chez Emma, qui me servait autrefois de bureau et qui sert maintenant de salle de conditionnement dotée d’une machine elliptique. Emma, lorsqu’elle pédale sur son appareil, a la toile en plein dans son champ de vision.
-
Badouziennes
Textes antérieurs
Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
Catégories

Ce cheval au très long cou et aux pattes figées traduit peût-être l’état intérieur de l’artiste. Ce phénomène d’interprétation de la réalité se produit assez souvent dans les oeuvres du peintre. Je trouve cette peinture très belle et très graphique. L’originalité est une qualité essentielle. Le designer graphique Milton Glaser dit qu’une oeuvre d’art doit transformer le regard.
J’aimeAimé par 1 personne