Jour 1 222

Je n’ai pas les mêmes activités selon que je suis à Montréal chez Emma, ou chez moi à St-Jean-de-Matha. Mon texte d’hier, à cet égard, se voulait un croquis de ma vie, par une journée que rien de spécial ne vient colorer, mais qui est en même temps amplement teintée par la présence de chouchou. Autrement dit, quand chouchou est là tout va, et il n’est pas nécessaire qu’il se passe grand-chose. J’ai oublié de mentionner, dans ce croquis, qu’en marchant sur l’avenue Monkland, un peu plus tard au hasard de mes courses, j’ai recroisé l’homme anglophone qui tenait –encore– son chien dans ses bras.
Ce matin, ce n’est pas au Jean-Coutu sous prétexte d’y poster une lettre que je suis allée. Nous avons plutôt, Denauzier et moi, enfilé nos raquettes pour aller nous promener dans la montagne, derrière la maison, au beau soleil. Je suis en effet revenue de la ville hier soir tard. J’avais la tête encore pleine des moments passés avec Emma, pendant que je me promenais dans la petite épaisseur de neige. J’aime nos promenades hivernales. Nous avons beau ne pas nous connaître depuis longtemps, nous répétons déjà les mêmes choses quand nous sommes dans la montagne. Denauzier me montre où sont les limites de sa terre, où commencent celles du voisin, quels sont les arbres qu’il entend abattre parce qu’ils sont rendus trop vieux, ou trop hauts, ou en très bonne santé et qu’ils vont constituer un excellent bois de chauffage. Cette répétition des mêmes propos me rassure. Elle me reporte des années derrière, quand papa était encore autonome et qu’il vivait au Lac noir à St-Jean-de-Matha. À chacune de mes visites, il me faisait faire le tour de sa propriété, pour me montrer que, là, il avait planté un pin Douglas avec son frère, là un cormier domestique, et que, là, il avait traité le rosier que les moucherons avaient commencé à manger. Aujourd’hui, papa vit auprès de Bibi et de son mari, et il reçoit régulièrement la visite de ses frères et sœurs qui sont encore en vie. J’ai parlé justement à un des frères de papa, tout à l’heure au téléphone. Je vais aller le visiter la semaine prochaine. Il veut voir les photos que nous avons prises la dernière fois que nous sommes allées chez lui. J’étais avec Emma. Nous avions tous changé de lunettes, il avait porté les miennes, moi celles d’Emma, Emma celles de tonton. Bien entendu, nous avions pris des photos. Je ne sais pas pourquoi, mais rien que le fait de penser à ma prochaine visite chez tonton, et à mon ancienne visite chez tonton quand nous avons pris les photos avec Emma, me fait couler une larme. Ce doit être parce que c’est précieux, la famille.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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