Jour 1 231

Premier roman d'un jeune auteur, 42 ans.

Premier roman d’un  auteur de bientôt 43 ans.

À quoi sert ma vie si je ne peux rien créer qui se mérite une reconnaissance ? Si je ne suis lue que par les rares fidèles lecteurs que mon blogue a réussi à attirer –et conserver– en cinq ans ? La question est tellement existentielle que je préfère ne pas m’y attarder.
Pour m’aider à me faire une idée de ce que pourrait être mon premier roman, pour comprendre un peu comment on peut réussir cet exploit, pour m’imprégner d’une écriture qui, elle, a su intéresser les éditeurs, j’ai acheté Le nid de pierres, premier roman de Tristan Malavoy. J’ai dévoré le texte, habitée par le sentiment que chaque page lue en était une de moins qui me séparait du dénouement, du dévoilement de l’énigme. Comment ça se fait que les gens meurent ou disparaissent ou deviennent fous ? Le couple Thomas Laure va-t-il tenir la route ? Qu’est-ce qui bouleverse tant Thomas, au point de perdre pied, des événements de son passé ? S’agit-il d’événements réels dans le sens qu’ils seraient survenus dans la vie du personnage, ou s’agit-il d’événements qui n’ont été qu’imaginés par lui ? Je suis arrivée à la fin et je n’ai pas compris ! La même chose s’était produite avec Impala de Carole David, un roman que j’ai lu il y a longtemps. Je dévore, je dévore, sentant qu’il ne me reste plus beaucoup de lignes pour m’éclairer et alors paf ! le livre est terminé et je ne sais pas ce qui est arrivé au juste. C’est quand même intéressant cette absence d’aboutissement. C’est comme lorsque Denauzier enregistre des films et que, pour une raison ou pour une autre, l’enregistrement cesse disons dix-huit minutes avant la fin, au moment où l’intensité dramatique est à son maximum ! Sur le coup, je suis extrêmement déçue qu’on ne découvre pas la fin de l’histoire, mais une demi-heure plus tard je vis très bien avec ce non-dénouement. Récemment, nous avons écouté le film Jobs et l’enregistrement nous a coupé la sifflette avant la fin, au moment où Jobs, abandonné de tous, se retrouve l’image suivante en train de cueillir les carottes de son jardin, des années plus tard, entouré de femme et enfants. Le film s’est arrêté là ! J’ai demandé à mon mari s’il acceptait, le lendemain, qu’on réécoute la partie enregistrée. Il a accepté. Ça fait donc deux fois que nous écoutons une portion du même film sans en connaître la fin. Je vais appliquer la même recette au livre de Tristan Malavoy, je vais le lire –au complet, incluant la fin– une deuxième fois.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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2 réponses à Jour 1 231

  1. Jacques Richer dit :

    Ta question est en effet très existentielle. Mais on peut probablement supposer sans risque qu’aucune fourmi, aucun pissenlit ne se l’est jamais posée, et ça ne les empêche pas de vivre pleinement (tout étant relatif) leur propre vie. Il suffit de se voir soi-même comme un de ces organismes pour trouver un minimum de motivation pour vivre sa propre vie. Aussi ennuyeuse et peu spectaculaire qu’elle soit, elle vaudra bien celle des autres. Sur cette base, chacun peut édifier la tour dorée qu’il voudra, et espérer laisser sa trace, un fossile de lui-même derrière lui. Mais ce fossile sera pour d’autres. Pour nous-mêmes, il ne sera rien; nous seront morts et recyclés; heureusement, certains de nos atomes se retrouveront dans le corps de personnes que nous aimons ou aimerions. Un de mes anciens atomes (d’oxygène ou de carbone, par exemple) est peut-être en toi. Tu es peut-être un peu en moi, simplement parce que nous nous sommes croisés. J’adore cette pensée. Elle me fait faire de petits bouts de chemin, avec le sourire.

    Tu as certainement dans ton propre corps des petits bouts de ceux que tu as aimés et qui sont partis. Ils participent à ta vie. Prends-en soin ! :O)

    J’aime

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