J’ai tellement mal au pied droit que j’en oublie ma cicatrice au sternum. C’est relié au fait que j’ai plus de cinquante ans et ma copine me dit la même chose qui a soixante ans passés :
– Nous avons l’âge de porter des orthèses dans nos chaussures, me dit l’amie. Regarde les miennes, ajoute-t-elle en retirant son pied d’une jolie ballerine bleue et en me montrant, effectivement, l’orthèse qui tapisse le fond de la chaussure.
Je ne me sens pas comme une récente opérée du cœur, mais comme une future opérée du pied. C’est embêtant, tous ces signes de vieillissement. Ça fait plus d’un an qu’il me fait mal, à tel point que le poids léger du drap, la nuit, en fonction bien sûr de la position dans laquelle je dors, m’incommode. Ça fait plus d’un an que je porte des baskettes au travail et que je marche pieds nus à la maison, à Montréal comme à la campagne. Ça fait dire à ma tantine, à la campagne, à tout coup, que je vais attraper des grippes, ou faire de l’arthrose, ou me blesser, ou ci ou ça. Si j’étais plus jeune, elle ferait allusion à mes prochaines menstruations qui seraient douloureuses ! J’imagine qu’elle a raison et que je fais de l’arthrose. Et il est vrai que je dois m’arranger pour ne pas me couper car ça pourrait trop saigner, étant maintenant anticoagulée.
À cause du pied, j’oublie que je me sentais entre la vie et la mort, j’exagère à peine, il y a un mois et demi.
Et puis j’oublie, même, que j’ai mal au pied.
J’ai reçu la visite de ma patronne, cet après-midi.
– Quand elle sera partie, me suis-je dit avant son arrivée, tu pourras Lynda t’en donner à cœur joie et pleurer toutes les larmes de ton corps.
C’est ce qui arrive –pleurer toutes les larmes de son corps– quand on a le cœur en miettes, opérée pas opérée.
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Badouziennes
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Une autrice illustrement inconnue !
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Kilroy was here…
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Fiou, aide-moi à comprendre, voici ce que je trouve et ça ne m’éclaire pas !
The slogan began to be regarded as proof that a ship had been checked well, and as a kind of protective talisman.[5][19] Afterwards, servicemen began placing the slogan on different places and especially in newly captured areas or landings, and the phrase took on connotations of the presence or protection of the US armed forces.
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Ouais…. je peux comprendre ta perplexité. C’est drôle ce que tu as déniché sur cette phrase. Au Royaume-Uni, ça veut surtout dire, à notre époque, quelque chose de bien plus simple: « Je suis passé ici ». Les jeunes l’écrivent un peu partout quand ils sont en visite dans un lieu qui leur était étranger. Comme une ville ou un pays étranger. On le voit surtout dans les toilettes, en fait! On pourrait supposer qu’ils prennent possession du lieu, avec ça, pour une seconde. Un peu comme le nain voyageur d’Amélie Poulain, bien que ce dernier n’écrivait pas de graffiti sur les murs, mais s’exprimait plutôt par la voie de cartes postales. Je suis désolé de t’avoir fait travailler autant! Je voulais juste « signer », pour indiquer mon passage, indiquer que je t’avais lue. :O) J’étais là.
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Est-ce que mon explication t’aide? Si tu vas en Irlande ou en Angleterre, tu le verras souvent. Même en Écosse, il me semble. D’ailleurs que je suis déjà demandé si le Kilroy à la source de cette coutume était un écossais.
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Contrairement à toi, je ne me relis jamais assez pour corriger mes fôtes… :O(
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J’entends aussi l’expression, que je n’aime pas, et qui n’est pas tout à fait pareille, Been there, Done that. Thank you pour les éclaircissements.
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