– La valve est finie et le sang coule à flots.
Telles ont été les explications du cardiologue. Fort gentil et attentionné, par ailleurs. Sa manière de s’y prendre délicatement et de me faire comprendre que j’allais être opérée a été de me dire, au mois de mars quand nous nous sommes rencontrés, et je suis désolée de me répéter :
– On n’attendra pas dix ans avant de vous opérer.
Moi qui pensais qu’il voulait m’étirer la sauce le plus longtemps possible pour que je coûte le moins cher possible, dans une perspective à court terme, au système de santé !
– Dans les prochaines semaines, m’a-t-il dit cet après-midi, une fois passé l’examen pour vérifier que vos artères ne sont pas bloquées, vous devriez vous faire opérer.
– Dans les prochaines semaines ?, me suis-je exclamée, un sourire aux lèvres.
– Bien… attendez, nous sommes en avril… disons au plus tard en juillet. Cela vous étonne ?
– Énormément, puisque vous m’aviez parlé de dix ans…
– Ah ! ça, c’est ma manière de vous préparer. Remarquez, avec un prolapsus mitral de niveau 4, préparée ou pas, on vous opère.
– Vous m’aviez dit que le prolapsus était de niveau 3 ?
– Maintenant, nous savons qu’il est de niveau 4. Ça ne peut pas être pire, en fait. Les feuillets mitraux ont tenu le coup jusqu’à maintenant, c’est surprenant.
– Et bien, docteur, avec l’hiver que je viens de passer, vous n’allez peut-être pas me croire, mais je trouve que c’est une bonne nouvelle.
J’ai senti que j’entrais dans le domaine de la subjectivité : l’hiver, la longueur des journées, le manque d’énergie en général, la ménopause à mon âge, mes problèmes personnels, mon historique médical et familial, le cardiologue ne voulait pas se lancer là-dedans. Alors je me suis levée et le cardiologue m’a fait un beau sourire. J’ai voulu lui serrer la main pour le remercier. Je ne le verrai pas avant un bout de temps car à partir d’ici mon dossier est pris en charge par le chirurgien cardiaque, un autre homme, ou femme, une autre spécialité, une autre expertise. Mais au-delà de notre regard, je n’ai pas tendu la main ni lui non plus, alors je suis partie.
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Badouziennes
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Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
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Ça veut dire que d’ici là tu dois être très prudente, certainement!
J’ai hâte de faire la connaissance de la nouvelle Lynda réparée :O)
Elle ne saura pas quoi faire de toute sa nouvelle énergie! xxx
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Le médecin ne m’a pas donné de consigne particulière. Mais je prends ça plus mollo qu’avant, effectivement, j’ai encore moins envie qu’avant de me botter le derrière pour être énergique !
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